‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 49 sur 432 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

Sur la foi de ton Dieu fondant ton espérance , A celle de nos diem donne au moins l'apparence, Et y sinon sous un cœur, sous un front plus soumis, Obtiens pour nous ta grâce , et vis pour tes amis.

GIVEST.

Notre foi n'admet point cet acte de foiblesse ; M Je la dois publier , puisque je la professe. ^^

Poîs-je désavouer le maître que je sui ? Ausû-bien que nos coeurs nos bouches sont à lui. Les plus cruels tourmens n'ont point de violence Qui puisse m'obliger à ce honteux silence. Pourrois-je encor, hélas! après la liberté Dont cette ingrate voix l'a tant persécuté , Et dont j'ai &it un Dieu le jouet d'un théâtre, Aux oreilles d'un prince et d'un peuple idolâtre , D'un silence coupable, aussi-bien que la voix. Devant ses embnnis méconnoître ses lois !

MARGELLE

César n'obtenant rien , ta mort sera cruelle.

' GENEST

Ifes tourmens seront courts, et ma gloire étemelle.

MARGELLE

Quand la flamme et le fer paroitront à tes yeux....

GEKEST.

N'ouvrant la sépulture, ils m'ouvriront les cieux.

MARGELLE

0 dur courage d'homme !

GEKEST.

O foible cœur de femme!

MARGELLE

Cruel! salive tes jours.

78 SAINT CENEST,

GEKEST.

Lâche! sauve ton âme. ' '

MARCELLE. -

Un erreur, un caprice, une légèreté, '

Au dIus beau cle tes ans te coûter la clarté ! .

GEKEST. .,i

J'aurai bien peu vécu si l'âge se mesure ,f^j

Au seul nombre des ans prescrit par la nature; ■^^^"

Mais l'âme qu'au martyre un tyran nous ra^t, . Au séjour de la gloire à jamais se survit. .)

Se plaindre de mourir c'est se plaindre d'être homme ;<{ Chaque jour le détruit, chaque instant le consomme; /f Au moment qu'il arrive il part pour le retour, .[

Et commence de perdre en recevant le jour. ;^

MARGELL^. U

Ainsi rien ne te touche, et tu nous abandonnes?

GENEST

Ainsi je quitterdis un trône et des couronnes : Toute perte est légère à qui s'acquiert un Dieu.

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