Tome V
ï^ SAINT GENEST,
Et faites sa prison le prix de ses conquêtes. Déjà par ses exploits il avoit mérité La part que je lui fis de mon autorité; Et sa haute vertu , réparant sa naissance , Lui fit sur mes sujets partager ma puissance. AujourdTiui que , pour prix des pertes de son sang,. Je ne puis l'honorer d'un plus illustre rang,. . Je lui dois moii sang même; et, lui donnant ma fille,. Lui fais part de mes droits sur ma propre famille.
( A Maximin. ) .
Ce présent, Maximin, est encore au-dessous Du iervice important que j'ai reçu de vous;^ Mais, pour faire vos pri?^ égaux à vos mérites ^ La terre trouveroit ses bornes trop petites ; . Et vous avez rendu mon pouvoir impuissant , Et restreint enyers vous ma force en l'accroissant.
■ ■■.' 'MAXIMIN
La part que vos bontés m'ont iPait prendre ^en l'empire
N'égale point, seigneur, ces beaux fers où j'aspire.
Tous les arcs triomphailt^ (]^e Rome in'a» dressés ,
Cèdent à la prison que vous me bâtissez ;
Et de victorieux des bords- que t'Indé lave.
J'accepte plus content la qualité d'esclave ,
Que dépouillant ce corps vous ne prendrez aux cîeux
Le rang par vos vertus acquis entre les dieux:
Mais oser concevoir cette insolente audace.
Est plutôt mériter son mépris que sa grâce; - '•
Et quoi qu'ait fait ce bras, il ne m'a point acquis
Ni ces titres^ fameux^ ni'ic^e renom exquis
Qui dés #)ttrftetions effacent la mémoire:
Quand à sa vertu seule il faut devoir sa gloire.
Quelque insigrïe avantage et quelque illustre rang