‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 60 sur 432 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

92 DON BERNARD DE CABRÈRE, Oui, j^ose, 8ur* l'espoir que doq Bernard me .donne, Prétendre à des degrés proches de la couronne; Et , si l'âme est prophète en ses pressentimens , De grands effets suivront ces nobles mouvemens Qui ne me flattent pas d'uiae faveur commune. Et me font défier l'orgueil de la fortune.

LAZARILLE

Le fatal ascendant qui gouverne vos jours Sera donc bien changé de ce qu'il fut toujours? Car, depuis qu'à vos pas mon mauvais sort m'attache, Le malheur qui vous suit n'a guère eu de relâdbe.

DOW LOPE

Il est vrai que jamsps les^ destins rigoureux N'ont rendu sous le ciel de. jours plus malheureux, Et que tous les revers du sort et de l'envie Semblent pour seul objet avoir choisi ma vie. Mes plus heureux succès n'ont jamais vu ce bras, Sans me coûter dii sang, achever de combats; Mes plus justes desseins n'ont jamais* eu d'issue Qui remplit mon attente ou qui ne l'ait déçue. Je suis encore à Voir le seul et premier fruit Que jamais ou l'amour ou le jeu m'ait produit. J'espérois à la cour vaincre par ma constance De cet astre inclément la maligne influence, Quand avec don Bernard , Catalan comme moi , Je vins avec mes vœux offrir mon bras au roi. Et comme à la valeur, qui m'est héréditaire , Chercher à succéder aux emplois de mon père. Mais toujours quelque obstacle, arrêtant mes desseiin Pour moi fermoit au prince et l'oreille et les mains v' Au lieu qu'une fortune à nulb autre seconde^

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