ACTE I, SCÈNE VIIL io
DON piDES.
Allons, vous dÎ9-je, Souffrez que je vous rende en son appartement, Et là nous en viendrons sur réclaircissement.
(D sort «Tee Léonor, le comte et ses gardes.) LAZARILLE, à doTl Lope.
Qu'attendons-nous encor , malheureux que nous sommes? Yû bien vu du pays, j'ai bien connu des hommes, Hais je n'en ai point vu que le ciel en courroux Rende par leur malheur si célèbres que nous; Et vous deviendriez grand , (vmité ridicule ! ) Vous pourriez être un Mars, un César, un Hercule, Que le sort enragé qui talonne vos pas Vous, heurteroit encore et ne vous riroit pas.
DOIT LOPE
Sa rigueur en effet m'oppose tant d'obstacles. Que pour les vaincre tous il faudroit des miracles. Mais le roi peut entrer , attendons son retour.
LAZARILLE
Oh! l'importun métier que celui de la cour!
( n troaye la requête , et la rainasse.)
Qu'est-ce ci? quelque trait encor de la fortune!
DON LOPE
Qu'est-ce ?
LAZARILLE, Usaut.
a Requête au roi de don Lope de Lune;.... » Et votre âme est prophète en ses pressentimens , De grands effets suivront vos nobles mouvemens. Vous pouvez, sur l'espoir que don Bernard vous donne. Prétendre à des degrés proches de la couronne , Vous êtes fort avant dedans l'esprit du roi ,
io6 DON BBHNARD DE CABRERE,
Vous ne pouvez manquer d'un honorable emploi :
Pour vous seul désormais les astres s'intéressent.
Oh! de combien de vent les hommes se repaissent!
Tenez, votre requête ^ fait un grand effet,'
Et vous avez raison d'être fort satis&it :
Elle a des pieds du prince essuya la poussière.
Dieu ! jamais désespoir eut-il tant de nuitière !
Don Bernard, qui peut tout, en vain me ir^ut du bien;
Ma valeur sert l'état , et ne me produit rien ; ' •
Ma parole est soufferte et n'est point écoutée;
Ma requête est reçue, et puis est rejetée;
J'ai toujours lieu d':espoir, jamais d'événement;
Tout me rit, tout me flatte, et toujours vainement,
La fortune nous traite avec trop d'injustice.
Pour nous promettre plus de vaincre son caprice.
Ne nous obstinons plus en une ingrate cour;
Puisque Cabrère arrive, attendons son retour.
Mais, sans plus nous flatter d'une espérance vaine,
Sans que mes intérêts lui coûtent plus de peine,
(Déchirant la reqaéte. )
Payons son amitié seulement d'un adieu,
Et fuyons pour jamais de ce funeste lieu. %
FIN DU PREMIEfi ACTE.