DON PÈDRE, LE COMTE, DON BERNARD
noir BERNARD.
Grand roi, du mérite et l'espoir et l'appui, Dont l'âme généreuse à chaque instant convie Les cœurs les moins zélés au mépris de la vie, Un devoir d'amitié , d'honneur , de piété , Nous rend solUciteurs vers votre majesté , P6ur...
Si VOUS ignorez le sujet de ma liaine , Vous venez mal instruits du sujet qui vous mène. Que l'intérêt d'un homme indigne de pitié, N'entre point en commerce avec notre amitié : Vous plaignez son malheur, moi je sais son audace; Son nom seul vous feroit encourir ma disgrâce ; S'il a lieu de vanter ses services passés, Sa dernière action les a tous effacés.
Et jette sur sa foi des taches étemelles.
LE COMTE
Peut-être un faux rapport...
DON PÈDRE
Mes yeux me sont fidèles , £t, juge de soi-même, il sait si j'ai raison.
126 DON BEKNARD DE CABRÈRE,
Cent soupÎFs étouffés et cent gestes confus
M'avoient dit le secret qu'elle ne cache plus ;
J'ai mieut lu qu'elle enfin dans sa propre pensée :
Sa bonté pour le prince étoit intéressée,
Et, pensant m'éblouir, vouloit moins par tant d'art
Le placer dans mon cœur qu'en chasser don Berïiard»
Mais en vain elle attend l'avis qu'elle doit prendre .
Sur ce qu'elle me doit ou permettre ou. défendre :
Où le dessein est pris son ordre est superflu;
Elle n'entr^rend pas un cœur irrésolu ;
Et, quoi qu'elle présume avecqu£ sa puissance ^
Doit craindre mon amour plus que moi sa défense.
SCÈI^E IL
PÉRÈS, LÉONpR.
LÉOirOR.
Qu'est-ce, Pérès?
P£B.£Sa •
Le rpi , toujours inquiété , S'informe à tous momens quelle est votre santé.
laÉOTXOVi.
Ses soins m'honorent trop.
PÉRÈS
U se plaint , il soupire; Et vous le possédez avecque tant d'empire, Que toute sa splendeur n'a rien de précieux A l'égal d'un regard qu'il reçoit de vos yeux. Ce trône qu'aujour(^ui tout l'univers révère Est un siège où déjà chacun vous considère,
,ir