SCÈNE PREMIÈRE
DON P^RE, VE COMTTE, LÉONOR, Garoks.
L1ÎONOR.
uiBE, sî cette ^mour dont vous m'avez flattée , Qu'à ma confusion j'ai si peu méritée, Quoique sans intérêt , a quelque vérité , J'en demande une preuve à votre majesté.
DON PiORE.
D'un droit plus absolu sur moi que sur vous-même , Sans réserve exercez votre pouvoir suprême ; N'employez à votre aide autre que votre soin , Et faites-vous le bien dont vous avez besoin. Vous verrez en effet si cette amour vous flatte ; Je ferai vanité d'obliger une ingrate , Et de persuader un insensible objet Qu'enoor que souverain je l'adore en sujet , N'ose nourrir pour lui de flamme intéressée, Ni jusqu'à vos faveurs élever ma pensée. D'un souverain empire accomplissez vos vœux , Et dites seulement : Je commande et je veux. Vous-même exaucez-vous.
i4o DON BEANJLRD de CABRÈRE,
LEONOR
Vous agrérez donc ^ sire , Qu'eiv faveur de Pérès j^exerce cet empire.
(Au comte.)
Gomte, du secrétaire sdiez brise» l<es fers': C'est par mon ordve, allez. »
LE COMTE
*• ' Madame, je vous sers.
(Il sort.) PDKtPiQRE.
Tei peine à concevoir qifcUe humeur inégale, Vous faisant maltraiter une flamme ioyale^ ^. ; Vous fait prendre intérêt en l'amour dW vassal.
LÉoiroR.
Je comprends beaucoup moins votre és{>rit inégal , Qui^ ne vous soufirant point de flamme intéressée, Et dans ce grand respect restreignant sa péîisée. S'ombrage toutefbis d'un acte dé pitié , Non pas de mon amour, mais de tnon amitié.
DOW PÈPRE.
Par qud orgueil peut-on mériter votre haine ,
Si l'amitié vous fait lui remettre sa peine,
A lui que j'ai surpris vous traçant son amour ,
Que sa main insolente osoit bien mettre au jour ?
Et votre autorité protège son audace.
Après qu'à don Bernard jvai refusé sa grâce !
LEOirOR.
Sa naissance, seigneur, et sa condition Justifîront toujours mon inclination; Et, croyant proposer un soupçon légitime. Vous auriez mal as$is l'honneur de votre estime.