‹ Œuvres, éditéesChapitre 23 sur 94 · XII, 89 — XIX, 152 S · texte numérisé non relu

XII, 89 — XIX, 152 S

XVI Item, laisse et donne en pur don Mes gans et ma hucque de soye À mon amy Jacques Cardon, Le glan aussi d’une saulsoye, 124 ‘ Et tous les jours une grasse oye Et ung chappon de haulte gresse, Dix muys de vin blanc comme croye, Et deux procès, que trop n’engresse. 128

XVII Item, je laisse a ce nobie homme, Regnier de Montigny, trois chiens; Aussi a Jehan Raguier la somme De cent frans, prins sur tous mes biens. 132 Mais quoy? Je n’y comprens en riens Ce que je pourray acquerir :

On ne doit trop prendre des siens, Ne son amy trop surquerir. 136

XVII Item, au seigneur de Grigny Laisse la garde de Nijon, Et six chiens plus qu'a Montigny, Vicestre, chastel et donjon ; 140 Et a ce malostru chanjon, | Mouton, qui le tient en procès, Laisse trois coups d'ung escourjon, Et couchier, paix et aise, es ceps. 144

XIX Et a maistre Jaques Raguier Laisse l’Abruvouër Popin, Pesches, poires, sucre, figuier, Tousjours le chois d’ung bon loppin, 148 Le trou de /a Ponune de Pin, Clos et couvert, au feu la plante, Emmailloté en jacoppin; Et qui voudra planter, si plante. * 152

LES LAIS

Item, a maistre Jehan Mautaint Et maistre Pierre Basanier,

Le gré du se;gneur qui attaint Troubles, forfaiz, sans espargnier ; Et a mon procureur Fournier, Bonnetz cours, chausses semelees,

Taillees sur mon cordouannier,

Pour porter durant ces gelees.

Item, a Jehan Trouvé, bouchier, Laisse /e Mouton franc et tendre,

Et ung tacon pour esmouchier

Le Beuf Couronné qu'on veult vendre, Et la Vache : qui pourra prendre

Le vilain-qui la trousse au col, S'il ne la rent, qu’on le puist pendre - Ou estrangler d’ung bon licol!

Item, au Chevalier du Guet, Le Héaulme luy establis ;

” Et aux pietons qui vont d’aguet

Tastonnant par ces establis, Je leur laisse deux beaux riblis, La Lanterne a la Pierre au Let..

Voire, mais jauray les Troys Lis, S'ilz me mainent en Chastellet.

Item, a Perrenet Marchant,

Qu'on dit le Bastart de la Barre, Pour ce qu'il est tres bon marchant, Luy laisse trois gluyons de fuerre Pour estendre dessus la terre

A faire l'amoureux mestier,

Ou il Juy fauldra sa vie querre,

Car il ne scet autre mestier.

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