L'ANE ET LA FLUTE
Ljzs sots sont un peuple nombreux, Trouvant toutes choses Êiciles :
Il Êiut le leur passer, souvent ils sont heureux ; Grand motif de se croire habiles.
Un Àne , en broutant ses chardofis , Regardoit un pasteur jouant, sous le feuillage,
D'une flûte dont tes doux sons Attiroient et chandoietit les bergers du bocage. Cet âne mécohtent di^it : Ce monde est fou !
Les voilà tous, bouché béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente
A souffler dans un petit trou.
C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire , T'iiidis que moi... Suffit... Allons-nous-en d'icf,
Car je me sens trçp en colère.
Notre âne , en raisottnaèfnt ainsi , • . .
Avance quelques pas > }<Aiifm,Ma la fbogèn,
Une flûte , oublia en ces champraes liens
Par quelque i^asteur amobreox, Se trouve sous ses pieds. Notre âoe se redresse, Sor eDe de côté fixe ses deux gpros yeux; Une oreille en ayant , lentement il se baisse , Applique son naseau sur le pauvre instrument , Et souffle tant qu'il peut. O hasard incroyable l
n en sort un son agréable.
L'àne se croit un grand talent , Et , tout joyeux , s'écrie , en Élisant la culbute :
Eh ! je joue aussi de la flûte.
FABLE VI