‹ Œuvres FablesChapitre 107 sur 131 · LIVRE V. i8f · texte numérisé non relu

LIVRE V. i8f

Pourquoi cette gaîtë, ce bonheur que j'enTie» £nibe)liMent tes jours , ne te quittent januit ,

Tandis que moi, roi des forêts,

Je suis si triste et je m'ennuie.

Sire , lui répond Técureuil ,

Je dois à votre bon accueil

La vérité : mais , pour la dire , Sur cet arbre un peu haut je voudrois être assis*

— Soit , j'y consens : monte. — J'y suif.

A présent je peux vous instruire.

Mon grand secret pour être heureux •

C'est de vivre dans l'innocence:

L'ignorance du mal fait toute ma science ; Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux. Vous ne counoissez pas la volupté suprême De dormir sans remords ; vous mangez les chevreuils , Taudis que je partage à tous les écureuils Mes feuilles et mes fruits ; vous haïssez, et j'aime : Tout est d.ins ces deux mots. Soyez bien convaincu De cette vérité que je tiens de mon père :

Lorsque notre bonheur nous vient de la verta, La gaiic vient bientôt de notre caractère.

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