‹ Œuvres FablesChapitre 108 sur 131 · LE PRÊTRE DE JUPITER · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE DE JUPITER

Uw prêtre de Jupiter, Père de deux grandes filles.

Toutes deux assez gentSies , De bien les tnarier fit son soin le pins cher* Les prêtres de ce temps yivoient de sacrifices ..

Et n'avoient point de bénéfices :

La dot étoit fort mince. Un jeune jardinier Se présenta pour gendre ; on lui donna Taînëe.

Bientôt après cet hyménée La cadette devînt la femme d'un potier.

A quelques jours de Hi , chaque épouse établie Chez son époux , le père va les voir.

Bon jour , dit-il : je viens savoir Si le choix que j'ai fiiit rend heureuse ta vie , S'il ne te manque rien , si je peux y pourvoir. Jamais , répond la jardinière, Vous ne fîtes meilleure affaire :

I^a paix et le bonheur habitent ma maison ; Je tûche d'être bonne ,. et mon époux est bon ; ^ Il sait m'aimer sans jalousie , Je l'aime sans coquetterie :

Ainsi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux; XCoiu ne désirons rien , sinon qu'un peu de pluie Faite pousser nos artichauts.

Liyas V. • i83

— -C'est-là tout? — Oui vraiment. — Tu seras satisfaite j bit le vieillard : demain .je célèbre la fête De Jupiter ; je lui dirai deux mots.

Adieu , ma fille. ' — Adieu , mon përe.

Le prêtre de ce pas s'en va chez la potière

L'interroger, comme sa sceur .

àur son mari , sur son bonheur.

Oh ! répond celle-ci , dans mon petit ménage ,

Le travail, l'amour, la santé,

Tout va fort bien , en vérité ; Nous ne pouvcms snfiire à la vente , à Fouvrage : Notre unique désir seroit que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil

Pour sécher notre poterie.

Vous , pontife du dieu de l'air , Obtenez-nous cela , mon père , je vous prie ;

Parlez pour nous à Jupiter.

— Très volontiers , ma chère amie :

Mais je ne sais comment accorder mes en&nQ :

Tu me demandes du beau temps ,

Et ta sœur a besoin de pluie.

Ma foi , je me tairai de peur d'être en dé&ut« Jupiter, mieux que nous , sait bien ce qu'il nous &at^ Prétendre le guider seroit fohe extrême .

Sachons prendre le temps comme il veut l'envoyer. L'homme est plus cher aux dieux qu'il ne l'est à lui-même ;

Se soumettre , c'est les prier.

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Mite

FABLE XL

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