‹ Œuvres FablesChapitre 117 sur 131 · LE HÉHISSON ET L S LAPINS · texte numérisé non relu

LE HÉHISSON ET L S LAPINS

Il est certains esprits d'un naturel hargneux Qui toujours ont besoin de guerre ; -

Ils aiment à piquer, si plaisent à déplaire ,

Et montrent pour cela des talents merveilleux. Quant à moi , je les fois salis cesse ,

Eussent-ils tous les dons et tous les attributs ;

J'y veux de l'indulgence on de la politesse ; C'est la parure des vertus.

Un hérisson , qu'une tracasserie Avoit forcé de quitter sa patrie,

Dans un grand terrier de lapins

Vint porter sa misanthropie.

Il leur conta ses longs chagrins , Contre ses «nnemis exhala bieû sa bîle ,

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Et finit par prier les hôtes souterrains

De vouloir lui donner asile.

Volontiers, lui dit le doyen :

Pou» sommes bonnes gens, nous vivons comme ÉrifHy Et nous ne connoissons ni le tien ni le mien ; Tout est oominun ici : nos plus grandes affaires

Sont d'aller , dès Faube du jour , «

Brouter le serpolet, jouer «nr l'herbe tendre : Chacun , pendant ce temps» ientinelle ù son Tour , Veille sur le chasseur qui voudroit nous surprendre ; S'il l'aperçoit, il frappe, et nous voilà blottis.

Avec nos femmes, nos petits

Dans la gaîtië, dans la concorde, Nous passons les instants que le ciel nous acôorde.

Souvent ils sont prompts à finir; Les panneaux, les furets abrègent notre vie,

Raison de plus pour en jouir.

Du moins , par l'aniitië , l'amour et le plaisir , Autant qu'elle i^ duré, nous l'avoir embellie :

Telle est notre philosophie.

Si cela vous convient, demeurez avec noua.

Et soyez de la colonij; ; Sinon, faites l'hooneur à notre compagnie D'accepter à diner, puis retournez chez vous.

A ce discours plein de sagesse , Le hérisson repart qu'il sera trop heureni

De passer ses jours avec eux.

Alors chaque lapin s'empress»

D'imiter l'honnête doyen

Et de lui faire politesse.

Jusqoefl au sctir tout alla bien.

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