LIVRE V
Lés cLîeDs se rdji^èi^fpr^ (Teiix, Tristes , humiliés , ntomes , l'oreille basse, Plaignant, sans TexËuser, letir frère maOïeiiréiix-. Tout le monde attendoît dansr un profbnd silence. Mouflar paroit bientôt , conduit par deux pasteurs : Il arrive ; et , levant au ciel ses yeux en pleurs ,
U harangue ainsi l'assistance '^ O vous qu'en ce moment je n'osé et je né puis Nommer, comme autrefois, mes frères, mes amis.
Témoins de mon heure dernière , Voyez où peut conduire un coUp^le désir!
De la vertu quinze ans j'ai suivi la carrière ,
Un faux pas m'en a fait sortir.
Apprenez mes forfaits. Au lever de l'aurore.
Seul auprès du grand bois , je gardois' le troupeau ;
Un loup vient, emporte un agneau,
Et tout en fuyant le dévore.
Je cours, j'atteins le loup, qui, laissant son festin»
Vient m'attaquer : je le terrasse,
Et je l'étrangle sur Ja place.
C'étoit bien jusque là : mais , pressé par la fki]^» De l'agneau dévoré je regarde lé reste , J'hésite, je balance... A la fin , cependant |
J'y porte une coupable dent :
Voilà de mes malheurs l'origine flmeste.
La brebis vient daiis cet instant ,
Elle jette des cris dé mère...
La tête m'a tourné, j'ai craint que la brebis Ne m'accusât d avoir assassiné son fils \
Et, pour la forcer à se taire,
Je r^tge dims ma dolèi^.
Le berger accooroit aUttë de son bâiton.
N'espérant plus aucun pardon, Je me jet(e sur lui : mais bientôt on m'eDchaincy
Et me Toid prêt à subir
De mes crimes la Juste peine.
Apprenez tous du moins , en me voyant mourir.
Que la plus légère injustice Aux Ibrfidts les plus grands peut conduire d'abord ;
Et que, dans le chemin du vice,
On est au fond du précipice ,
Dès qu'on met un pied sur le bord.
FABLE XX