‹ Œuvres FablesChapitre 120 sur 131 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Lés cLîeDs se rdji^èi^fpr^ (Teiix, Tristes , humiliés , ntomes , l'oreille basse, Plaignant, sans TexËuser, letir frère maOïeiiréiix-. Tout le monde attendoît dansr un profbnd silence. Mouflar paroit bientôt , conduit par deux pasteurs : Il arrive ; et , levant au ciel ses yeux en pleurs ,

U harangue ainsi l'assistance '^ O vous qu'en ce moment je n'osé et je né puis Nommer, comme autrefois, mes frères, mes amis.

Témoins de mon heure dernière , Voyez où peut conduire un coUp^le désir!

De la vertu quinze ans j'ai suivi la carrière ,

Un faux pas m'en a fait sortir.

Apprenez mes forfaits. Au lever de l'aurore.

Seul auprès du grand bois , je gardois' le troupeau ;

Un loup vient, emporte un agneau,

Et tout en fuyant le dévore.

Je cours, j'atteins le loup, qui, laissant son festin»

Vient m'attaquer : je le terrasse,

Et je l'étrangle sur Ja place.

C'étoit bien jusque là : mais , pressé par la fki]^» De l'agneau dévoré je regarde lé reste , J'hésite, je balance... A la fin , cependant |

J'y porte une coupable dent :

Voilà de mes malheurs l'origine flmeste.

La brebis vient daiis cet instant ,

Elle jette des cris dé mère...

La tête m'a tourné, j'ai craint que la brebis Ne m'accusât d avoir assassiné son fils \

Et, pour la forcer à se taire,

Je r^tge dims ma dolèi^.

Le berger accooroit aUttë de son bâiton.

N'espérant plus aucun pardon, Je me jet(e sur lui : mais bientôt on m'eDchaincy

Et me Toid prêt à subir

De mes crimes la Juste peine.

Apprenez tous du moins , en me voyant mourir.

Que la plus légère injustice Aux Ibrfidts les plus grands peut conduire d'abord ;

Et que, dans le chemin du vice,

On est au fond du précipice ,

Dès qu'on met un pied sur le bord.

FABLE XX

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