‹ Œuvres FablesChapitre 16 sur 131 · LA TAUPE ET LES LAPINS · texte numérisé non relu

LA TAUPE ET LES LAPINS

vtHACDH de nous souvent eonnoit bien set défauts ;

En convenir , c'est autre chose :

On aime mieux souffrir de Tëritables maux I ^

Que d'avouer qu'ils en sont cause.

Je me souviens k ce sujet

D'avoir été témoin d'un £ût Fort étonnant et difficile à croire :

Mais je l'ai vu , voici l'histoire.

Près d'un boi8> le soir , 2i Vëcarf ,

Dans une superbe prairie , Des lapins s'anratoient , sur l'herbette fleurie ,

A jouer au oolin-maillard.

Des lapins ! direzr>vous, la chose est impossible. Rien n'est plus vrai pourtant : une feuille flexible Sur les yeux de l'un d'eux en bandeau s'appliquoit ,

Et puis sous le cou se nouoit.

Un instant en fiusoit l'affaire.

Cdui que ce ruban privoit de la lumière Se plaçoit au milieu ; les autres alentour

Sautoient, dansoient, faiaoient merreillesy

S'éloigncHent, venoient tour à tour

Tirer sa queue ou ses oreilles.

Le pauyre aveugle alors , se retouraant soudaiii , Sans craindre pot au noir^ jette au hasard la patte:

Mais la troupe échappe à la hâte ; H ne prend que du vent , il se tourmente en Tain ,

n j sera jusqu'à demain.

Une taupe assez étourdie ,

Qui sous terre entendit ce bruit ,

Sort aussitôt de son réduit,

Et se mêle dana la partie.

Tous jugez que , n'y voyant pas ,

Elle fut pcise au premier pas.

Messieurs, dit un U^iin, ce serottscoosiûenctf , Et la justice veut qu'à notre pauvoe sœur

Nous fassions un peu de frvàur ;

Elle est sans yeux et sans défense, Ainsi je suis d'avis.... Kon, répond avec feu La taupe, i« suis prise, et prise de bon jeu ; Mettez-moi le bandem. — Très volontîera ^ ma tihht , Le voici : mais je crois qu'il n'est pas nécessaire

Que nous serrions h tMmfd bâan fiNrt <— Pardonnez^moi, monsieur, r^it-elle en calera^ Serrez bien, car j'y vois»... Semz, j'y vois anoor.

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