LIVRE I. ' 6i
n entendit ses cris , son &me en fut émue.
n n est tels (|ue les malheureux
Pour se plaindre le» uns les autres.
J'ai mes maux , lui dit-il , et vous avez les vôtres : Unissons-ies , mon frère , ils seront moins affirenx. Hélas ! dit le perclus , vous ignorez , mon frère ,
Que je ne puis Eure un seul pas ;
Vous-même vous n'j voyez pas :
A quoi nous serviroit d'unir notre misère?
A quoi ? répond l'aveugle , écoutez : à nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire ;
J'ai des jambes , et vous des yeux : Moi , )e vais vous porter ; vous , vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes , & leur tour , iront où vous voudrez. Ainsi , sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi , le marcherai pour vous, vous y Tenez pour moi.
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FABLE XXI