‹ Œuvres FablesChapitre 26 sur 131 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Voulut nous affliger : mardioos easemhle en puz»

Le chemin est assez mauvais

Sans nous jeter encor des pierres.

Or il arriva certain jour Que notre bon vieillard trouva dans une tour

Un trésor caché sous la terre.

D'abord il n'y voit qu'un moyen

De pouvoir faire plus de bien ;

Il le prend, l'emporte et le serre.

Puis , en réfléchissant , le voiU qui se dit : Cet or que j'ai trouvé feroit plus de pro£t

Si j'en augmentois mon domaine ; J'auroîs plus de vassaux, je serois plus poissant. Je peux mieux faire enéor : dans la ville prochaine Achetons une charge , et soyons président

Président ! cela vaut la peine.

Je n'ai pas fait mon droit, mais , avec mon argent, On m'en dispensera , puisque cek s'adièie.

Tandis qn'il rêve et qu'il projette,

Sa servante vient l'avertir

Que les jeunes gens du village Dans la cour du chât(»u sont à se divertir.

Le dimanche, c'étoit l'usage, Le seigneur se plaisoit à danser avec eux.

Oh ! ma foi , r^pondril , j'ai bien d'autre» affiûres , Que l'on danse sans moi. L'esprit plein de chimènei . Il s'enferme tout seul pour se toutmenter mievs.

Ensuite il va joindre à sa somme Un petit sac d'argent , reste du mois dernier.

Dans llnstant arrive un pauvre h<

Qui , tout en pkws , vient le prier

y% FABLES.

De vouloir lui prêter vingt ëcus pour sa taille : Le collecteur , dit-^l va me mettre en prison ,

Et u'a laissé dans ma maison

Que six en£mts sur de la paille.

Notre nouveau Crésus lut répond durement

Qu'il n'est point en argent comptant.

Le pauvre malheureux le regarde, soupire,

Et s'en retourne sans mot dire.

Mais il n'étoit pas loin , que notre bon seigneur

Retrouve tout à coup son cœur ;

Il court au paysan , l'embrasse ,

De cent écus lui fait le don,

Et lui deman^ encor pardon..

Ensuite il fait crier que sur la grande place Le village assemblé se rende dans l'instant.

On obéit; notre bon hommes

Arrive avec toute sa somme ,

En un seul monceau la répand.

Mes amis , leur ditril, vous voyez cet argent : Depuis qu'il m'appartient , je ne suis plus le méme^ Mon &me est endurcie , et la voix du malheur

N'arrive plus jusqu'à mon cœur.

.Mes enfants , sauvez-moi de ce péril e^oréme , Prenez et partagez ce dangereux métal; Emportez votre part chacun dans votre asile : Entre tons divisé , cet or peut être utile :

Réuni chez on seul , il ne fait que du mal.

Soyons contents du nécessaire Sans jamais souhaiter de trésors superflus t U faut les redouter autant que la misère

Gcgpme elle ils chassenjt les vertus.

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