‹ Œuvres FablesChapitre 27 sur 131 · LE TROUPEAU DE COLAS · texte numérisé non relu

LE TROUPEAU DE COLAS

Dis la pointe du jour , sortant de son hameau, Colas, jeune pasteur d'un assez beau troupeau ,

Le conduisoit au p&turage.

Sur sa route il trouve un nûsseau Que , la nuit précédente , un efiro jaUe otage Avoit rendu torrent ; comment passer cette eau ? Chien , brebis et bei^^ , tout s'arrête au rivage. En faisant un circuit Ton eût gagné le pont ; G'étoit bien le plus sûr, mais c'étoit le plus long : Colas veut alH'éger. D'abord il considère

Qu'il peut franchir cette rivière ;

Et , comme ses béliers sont forts ,

U conclut que , sans grands efforts, f Le troupeau sautera. Cela dit, il s'élance; Sou chien saute après lui, béliers d'entrer en danae,

A qui mieux mieux , courage , allons f

Après les béliers , Jes moutons ; Tout est en l'air , tout saute ; et Colas les excite

En s'applaudissant du moyen.

Les béliers , les moutons , sautèrent assez bien ;

Bfais les brebis vinrent ensuite , Les agneaux, lef vieillards , les foibleb, les peureux «

Les mutins, corps toujours nombreux i Qui TtfÎMoient le Muit au saittpi^at d^ Golère , ^

^4 FA^LSa

Et , soit feiblesse , soit dépit ,

Se laissoient dboir dans la rivière.

|U 8*en Doya Ia qaan ; un autre quart s'enfuit.

Et tatas la dent du loup périt.

Colas , réduit à la misère , * S*aperçut, mais trop tard, que pour ufi bon pasteur

Le plus court n'est pas le meilleur.

FABLE VI- LE fiOUyHEUIL KT LE CORBEAU.

U K bouvreuil , mi corbeau , chacun dans une cage ,

Habitoient le même logis.

L'un enchantoît par son ramage La femme , le mari , les gens , tout le ménage t L'autre les fatiguoit sans cesse de ses cris ; Il demandoit du pain , du rôti , du fromage,

Qu'on se pressoit de lui porter ,

Afin qu'il voulût bien se tÀîre. Le timide bouvreuil ne fàisoit que dianter , Et ne demandoit rien : aussi, pour l'ordinaire,

On l'oubUoit ; le pauvre oiseau

Manqùoit souvent de grain et d'eau.

Ceux qui louoient le plus de son chant l'haimonie

S'auroiem pas fait le moindre pas

Pour voit si l'auge étoit remplie.

Us l'aimoiem bien poivtaiit, mais Hs n']r ptnsoicM pas.

Page 1