‹ Œuvres FablesChapitre 35 sur 131 · LE GRILLON · texte numérisé non relu

LE GRILLON

Un pauvre petit Grillon Caché dans l'herbe fleurie Regardoit un papilloa Voltigeant dans la prairie.

L'insecte ailé brilloit des plus vives couleurs ; L'azur, le pourpre et l'or édatoient sur ses ailes ; Jeune , beau , petit-maître , il court de fleurs en fleurs ,

Prenant et quittant les plus belles.

Ah ! disoit le grillon , que son sort et le mien Sont difl*érents ! Dame nature Pour lui fit tout, et pour moi rien.

Je n'ai point de talent, encor moins de figure ;

Kul utf prend garde h moi , l'on m*i|guore ici bas :

Autant vaudroit n'exister \i9B.

Comme il purloit , dons la prairie

Arrive une troupe d'enfants :

AuasitiU les voilà courants Apit's ce papillon dont ils ont tous envie.

CIki^h'.iux, mouchoirs, bouneis, servent à l'attraper. L'in«ecte vainement cherche à leur échapper,

Il devient bientôt leur con<iuéte.

L'un le saisit p;ir l'aile, un autre par le corps; t'n troisicmr survient, et le prend par la tète:

il ne l'allant pas unt d'efforts

Pour déchirer la pauvre In'le.

Oh ! oh I dit le grillon , je ne suis plus fâché ; Il en cttûte trop cher pour briller dans le monde. Gombirti je vais aimer ma letraite profonde !

IVmr vivre heureux vixons caché.

FABLE XIL

LE CUATiflAU DE CARTES.

Un bon mari , sa Icninie et deux jolis enfants , Couioient eu paix leurs jours dans le simple ermîtaga Oîi , paisibles comme eux, vécurent leurs parents. Ces époux, partageant les doux soins du ménage, Culti voient leur jardin, recueilloîcnt leurs moissons; Et le soir, dons l'cté sou^tant sons le feuillage, Duns l'hiver devant leurs tisons i

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