‹ Œuvres FablesChapitre 37 sur 131 · LE PHÉNIX · texte numérisé non relu

LE PHÉNIX

Lj'E phénix } venant d'Arabie, , Dans nos bois parut un beau jour :

Grand brnit chez les oiseaux ; leur troupe réunie

Vole pour lui Êdre sa cour.

Chacun l'observe , l'examine :

Son plumage , sa voix , son chant mélodieux,

Tout est beauté , grâce divine ,

Tout charme l'oreille et les yeux.

Pour la première fois on vit céder l'envie Au besoin de louer et d'aimer son vainqueur.

Le rossignol disoit : Jamais tant de douceur

N'enchanta mon âme ravie.

Jamais , disoit le paon , de plus belles couleurs

N'ont eu cet édat que j'admire , n éblouit mes yeux et toujours les attire.

Les autres répétoient ces éloges flatteurs ,

Vantoient le privilège unique De ce roi des oiseaux , de cet enfant du ciel , Qui , vieux , sur un bûcher de cèdre aromatique y Se consume lui-même, et renaît immortel.

Pendant tous ces discours la seule tourterelle ,

Sans rien dire , fit un soupir.

Son époux, la poussant de l'aik,

Lui demande d'où peut Tenir

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