LE PHÉNIX
Lj'E phénix } venant d'Arabie, , Dans nos bois parut un beau jour :
Grand brnit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui Êdre sa cour.
Chacun l'observe , l'examine :
Son plumage , sa voix , son chant mélodieux,
Tout est beauté , grâce divine ,
Tout charme l'oreille et les yeux.
Pour la première fois on vit céder l'envie Au besoin de louer et d'aimer son vainqueur.
Le rossignol disoit : Jamais tant de douceur
N'enchanta mon âme ravie.
Jamais , disoit le paon , de plus belles couleurs
N'ont eu cet édat que j'admire , n éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétoient ces éloges flatteurs ,
Vantoient le privilège unique De ce roi des oiseaux , de cet enfant du ciel , Qui , vieux , sur un bûcher de cèdre aromatique y Se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle ,
Sans rien dire , fit un soupir.
Son époux, la poussant de l'aik,
Lui demande d'où peut Tenir