‹ Œuvres FablesChapitre 42 sur 131 · LE DANSEUR DE CX>RD£ ET LE BALANCIER · texte numérisé non relu

LE DANSEUR DE CX>RD£ ET LE BALANCIER

ilHih la corde tendae un jeune yoltigenr Apprenoit à danser ; et déjà son adresse ,

Ses tours de force, de souplesse,

Faisoient venir maint spectateur.

Sur son étroit chemin on le voit qui s'avance, Le balancier en main, l'air libre, le corps droit»

Hardi , l^er autant ^'adroit ; Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance,

Reto^ll)e , remonte en cadence ,

Et, semblable à certains oiseaux Qui rasent en volant 1^ surface des eaux,

Son pûed touche , sans qu'on le voie, A la corde qui plie et (dans l'air ]e nenvoie. Notre jeune danseur, tout fier de son talent. Dit un jour : A quoi bon ce balancier pesant

Qui n;ie fetigue et m'embarrasse ? Si je danaois sans lui, j'aurois bien plu# de ^&ce,

De force et de légèreté.

Aussitôt ûtit que dit Le balancier jeté, Notre étourdi chancelle , é$eaà les bras et tombe. n se cassa le nez, et toujb le inonde en rit. Jeunes gens , jeunes gens , ne vous a-t-on pas dit Que sans rè^e et sans frein tôt ou tard on succombe? La vertu, la raison , les lois , l'autorit^ , Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peintfy

C'est le balancier qui vous gène ,

Mais qui j^ votre sûreté.

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