‹ Œuvres FablesChapitre 45 sur 131 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

L'un d'eux, chancelant dons sa foi,

fl'estiniant rien que ses diimères , Prétendoit méditer, connoftre, approfondir

De son dieu la sublime essence ; Et du matin au soir , afin d'y parvenir , L'oeil toujours attache sur l'astre ^'il encense, U vouloit expliquer le secret de ses feux.

Le pauvre philosophe j perdit les deux jeux, Et dès-lors du soleil il nia l'existence.

L'autre étoit crédule et bigot ;

Effrayé du sort de son frère, n y vit de l'esprit l'abus trop ordinaire , Et mit tous ses efforts à devenir un sot :

On vient & bout de tout; le pauvre solitaire

Avoit peu de chemin à faire ,

Il fut content de lui bientôt.

Mais, de peur d'offenser l'astre qui nous éclaire) En portant jusqu'à lui des regards indiscrets,

Il se fît un trou sous la terre , Et condamna ses yeux à ne le voir jamais.

Humains , pauvres humains , jouissez des bienfiûts D'un dieu que vainement la raison veut comprendre , Klais que l'on voit partout, mais qui parle à nos cœurf* Sans voulo'r deviner ce qu'on ne peut apprendre , Sans rejeter les dons que sa main sait répandre , Elmpleyons notre esprit à devenir meilleurs.

Nos vertus au Très-Haut sont le plus digne hpmmage , Et l'homme juste est le seul sage.

*p0 FABLES.

Yenoit pour beotpieter : de l'antre patte , Crac !

Voilà mon oiseoo dans le sac.

Il en prit vingt par cette feinte.

Un moineau s'aperçoit du piège scélérat,

Et prudenunent fuit la madbine ;

Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain étoit patte de cbat.

An fond de son trou solitaire

Il se retire , et plus n'en sort ,

Supporte la faim, la misère,

Et meurt pour éviter la mort.

FABLE XXL

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