‹ Œuvres FablesChapitre 87 sur 131 · LE LAPIN ET LA SARCELLE · texte numérisé non relu

LE LAPIN ET LA SARCELLE

U SIS dès leurs joones ant D'une amitië fraternelle , Un lapin , une sarcelle , yivoient heureux et contents.

Le terrier du lapin ëtoit sur la linère

D'un parc bordé d'une rivière.

Soir et matin nos bons amis ,

Profitant de ce voisinage , Tantôt au bord de l'eau , tantôt sous le feuillage ,

L'un chez l'autre ^ient réunis.

Là , prenant leurs repas , se contant des nouvelles ,

Ils n'en trouvoient point de si belles Que de se répéter qu'ils s'aimeroient toujours. Ce sujet revenoit sans cesse en leurs discours. Tout étoit en conunun , plaisir y chagrin , souffrance : Ce qui manquoit à lun , l'autre le regrettoit ; Si l'un avoit du mal , son ami le sentoit; Si d'un bien au contraire il goûtoit l'espéranoe,

Tous deux en jouissoient d'avance.

Tel étoit leur destin, lorsqu'un jour, jour afireusl Le lapin , pour dîner venant chez la sarcelle, Ne la retrouve plus : inquiet, il l'appelle; Personne ne répond à ses cris docdonreux.

Le lapin, de frayeur l'âme toute saine,

Va', Tient , fiât mille ftwn, dierc^ dant.les msema,

S'indiiie ponkans les flots , Et vcNidroit s'y plonger pour trounrer sob «mie. Héks ! s*ëcrioit-il , m'entends-tn ? répondi-^noi ,

Ma sœur , ma compagne chérie,

Ne pvoloo^ pas mon efroi :

Enoor quelques moments, c'en est fiât de ma vie : J*aime mieux adirer qœ de trembler pour toi.

Disant ces mots, il oonrt, il pleure.

Et, s'ayançant le long de l'eau.

Arrive enfin pvès dki diàlean

Où le seigneur du lien demeure.

LA , notre désole lapin

Se trouve au milieu d'un parterre ,

Et voit une grande volière Où mille oiseaux divers voloient sur un bassin.

L'amitié donne du courage.

Notre ami , sans rien craindre , approche du griOage, Regarde, et reconnoit..ôten^h«a8e! ô bonheur 1 La sarceUe : aussitôt il pousse un cri de joie; Et, sans perdre de temps ik consoler sa sœur ,

D« ses quatre pieds il s'emploie

A creuser un secret chemin Pour joindre son amie , et , par ce soutferrain , Le lapin tout à coup entre dans la v<^ière , Gomme un mineur qui prend une place de guerre. Les oiseaux efirajés se pressent en fuyant.

Lui court à la sarcelle , il l'entraîne à Tinstant Dans son obscur sentier, la conduit sous la terre, Et , la rendant an jour, il est prêt à mourir De pl^ifir.

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