‹ Œuvres FablesChapitre 88 sur 131 · LIVRE IV. i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. i

Quel moment pour tous deux ! Que ne sais^je le pein4rQ

Comme je saurois le sentir !

Nos bons amis croyoient n*avoir plus rien à craindre ; Ils n'étoient pas au bout. Le maître du jardin. En voyant le dégftt commis dans sa volière , Jure d'exterminer jusqu'au dernier lapin :

Mes fusils , mes furets ! crioit-il en colèi«.

Aussitôt fusils et furets Sont tout prêts.

Les gardes et les chiens vont dans les jeimes tailles ,

Fouillant les terriers , les broussailles ; Tout bpin qui paroit trouve un afireux trépas : Les rivages du Styx sont bordés de leurs mânes :

Dans le funeste jour de Cannes ,

On mit moins de Romains à bas.

La nuit vient ; tant de sang n'a point éteint la rage Du seigneur , qui remet au lendemain matin

La fin de l'horrible carnage.

Pendant ce temps notre lapin , Tapi sous des roseaux auprès de la sarcello,

Âttendoit, en tremblant, la mort, Mab conjuroit sa sœur de fuir à l'autre bord»

Pour ne pas mourir devant eUe.

Je ne te quitte point , lui répondoit l'oiseau ; Nous séparer, seroit la mort la plus cruelle.

Ah ! si tu ponvois passer l'eau !

Pourquoi pas? Attends-moi... La sarcelle le quitte f

Et revient traînant un vieux nid Laissé par des canards ; elle l'emplit bien vite De feuilles de roseau , les presse , les unit Des pieds, du bec^ en form« on batelet capablt

FABLE XV

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