‹ Œuvres FablesChapitre 89 sur 131 · LE PHILOSOPHE ET LE CHAT-HUANT · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE ET LE CHAT-HUANT

I ^nsécuTÉ, proscrit, chassé de son asile, Pour avoir a|^lë les choses par leur nom, Un pauvre philosophe erroit de ville en ville , Emportant avec lui tous ses biens , sa raison. Un jour qu'il méditoit sur le fruit de ses veilles , C'ëtoit dans un grand bois , il voit un chat-huant

Entouré de geais , de corneilles , "^

Qui le harceloient en criant :

C'est un coquin , c'est un impie , Un ennemi de la patrie ;

II faut le plumer vif : oui , oui , plumons , plumcNM ,

Ensuite nous le jugerons.

Et tous fondoient sur lui ; la malheureuse bête, Tournant et retournant sa bonne et grosse tète , Leur disoit , mais en vain , d'excellentes raisons. Touché de son malheur, car la philosophie

I^ous rend plus doux et plus humains , Notre sage fait fuir la cohorte ennemie , Puis dit au chat-huant : Pourquoi ces assassins

En vouloient-ils à votre vie ?

Que leur avez-vous £iit ? L'oiseau lui répondît : Rien du tout, mon seul crime est d'j voir clair 1& nuit.

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