LIVRE I
Qu'on abatte la maisonnette ; Mais le calife veut que d'abord on l'acbète.
U fallut obe'ir : on va cbez l'ouvrier, On lui porte de l'or. Nodi gardez votre somme ,
Répond doucement le pauvre bomme ; h n'ai besoin de rien avec mon atelier :
£t, quant à ma maison , je ne puis m'en dé£ûre ; C'est là que je suis né , c'est là qu'est mort mon père , -
Je prétends y mourir aussi.
Le calife , s'il veut, peut me chasser d'ici ,
Il peut détniire ma chaumière : •
Mais , s'il le £dt , il me verra Venir , chaque matin , sur la dernière pierre
M'asseoir et pleurer ma misère.
Je connois Almamon, son cœur en gémirai Cet insolent discours excita la colère Du visir , qui vouloit punir ce téméraire Et sur-le-champ ïaser sa chétive maison.
Mais le califis lui dit : Non , l'ordonne qu'à mes frais elle soit réparée ;
Ma gloire tient à sa durée :
Je veux que nos neveux^ eu la considérant, V trouvent de mon règne un monument auguste; F.Q voyant le palais ils diront : tl fut grand ; En voyant la chatimièie ils diront: Il fut juste.
S/S FiBLES.
FABLB IX.