‹ Œuvres FablesChapitre 93 sur 131 · LES DEUX PAYSANS ET LE NUAGE · texte numérisé non relu

LES DEUX PAYSANS ET LE NUAGE

vruiLLOT, disoit un jour Lucas

D'une voix triste et lamentable,

Ne vois-tu pas venir là-bas Ce gros nuage noir ? C'est U marque efih)yabl« Du plus grand des malheurs. Pourquoi ? répond Guillot — Pourquoi ? Regarde donc ; ou je ne suis qu'un sot ,

Ou ce nuage est de la grêle Qui va tout abîmer ; vigne , avoine , froment ;

Toute la récolte nouvelle

Sera détruite eu un moment.

Il i^e restera rien , le village en ruine

Dans trois mois aura la famine , Puis la peste viendra, puis nous périrons tous. La peste ! dit Guillot : doucement, cahuez-vous;

Je ne vois point cela , compère :

Et, i*il faut vous parler selon mon sentiment,

C'est que je vois tout le contraire j

Car ce nuage assurément Ne porte point de grêle , il porte de la pluie.

La terre est sèche dès long-temps ,

Il va bien arroser nos champs ; Toute notre récolte en doit être embellie.

Nous aurons le double de foin , Moitié plus de £roment, de raisins abondance;

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