‹ Œuvres FablesChapitre 92 sur 131 · LE MIROIR DE LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LE MIROIR DE LA VÉRITÉ

JJans le beau sièdè d'or, (piandlet premiers humains,

Au milieu d'une paix profonde ,

Couloient des jours purs et sereins ,

La Vcrité couroit le monde

Avec son miroir dans les mains. —

Chacun s'y regardoit, et le miroir sincère Retraçoit à chacun son plus secret désir

Sans jamais le faire rougir :

Temps heureux , qui ne dura guère !

L'homme devint bientôt méchant et crimineL

La Vérité s'enfuit au ciel En jetant de dépit son miroir sur la terre.

Le pauvre miroir se cassa.

Ses débris , qu'au hasard la chute dispersa ,

Furent perdus pour le vulgaire.

Plusieurs sièelies après on en connut le prix ; Et <f est depuis ce temps que l'on voit plus d'un sage

Chercher avec soin ces débris , Les retrouver parfois ; mais ils sont si petits ,

Que personne n'en fait usage.

Hélas ! le sage le premiei

Ne s'y voit jamais tout entier.

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FABLE XIX

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