‹ Œuvres illustrées de George SandChapitre 27 sur 78 · LA MARQUISE, LE DUC · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE DUC

LA MARQUISE

Eh! voyez, mon cher duc, comme ceci est galant! quelle riche décoration ! partout le chiffre de Julie entrelacé par des Deurs à celui de mon gendre, des guirlandes, des érussons, des draperies ! Sur ces gradins en amphithéâtre se placera l'orchestre. Ma fille et son mari seront sur cette belle estrade. C'est ici qu'ils couronneront la rosière. Et, avec cela, un temps magnifique. Oh! toute la cour y sera ! Je parierais gros que le régent lui-même... ou tout au moins une des princesses ses filles, y viendra.

LE DUC

Eh! pourquoi pas? Votre gendre est fort bien en cour à l'heure qu'il est, et pour cause !... Pour qui ce fauteuil de velours à crépines d'or?

LA MARQUISE

Et pour quel autre que le bienfaiteur, le sauveur, le prestidigitateur écossais Law? C'est aujourd'hui l'homme de la France. Et quelle fête un peu belle pourrait se passer de sa présence ?

LE DUC

Quelle fortune un peu solide pourrait se passer de son appui?

LA MARQUISE

Cela, nous l'avons.

LE DUC

En êtes-vous bien sûre ?

LA JIAIIQUISE.

C'est à charge de revanche : car certainement Law n'a pas moins besoin de nos fonds que nous de son crédit.

LE DUC

L'un me parait plus certain que l'autre... Enfin I ça commence magnifiquement, et je souhaite que ça finisse de même... Eh bien! marquise, qui nous eût prédit, le 13 octobre 1703, que nous célébrerions aussi gaiement et avec autant d'éclat, en l'an de grâce 1719, l'anniversaire du mariage de Julie? Ce mariage ne s'annonçait pourtant pas sous d'heureux ausiiices ; tout était larmes et désespoir, gémissements et syncopes, quand nous conduisions la victime à l'autel. Le soleil même ne brillait pas comme aujourd'hui, ce qui n'empêchait pas que mes jambes ne me fissent moins mal... Ah! j'étais encore jeune alors.

LA MARQUISE

Vous le serez toujours.

LE DCC

C'est pour que je vous en dise autant, railleuse 1

LES MISSISSIPIF.NS.

Non-siMilomcntcola. mais je préleiuls ne jamais niûuiir.

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