SCÈNE lïl
Les Précédents, BOURSET.
BOUBSET, /b)7 ému, sur le seuil de son cabinet, et parlant à ceux qui y sont.
Écoutez-le donc. Messieurs, je lui cède la place : il me siérait mal de disputer avec l'ignorance et la mauvaise foi. 11 me répugnerait d'avoir à défendre mon honneur contre la calomnie et la vengeance. Je laisse à vos consciences le soin de me justifier et à la sienne la lâche de le punir.
[Il laisse retomber les battants de la porte et revient
pâle et tremblant tomber sur une chaise, sans voir
sa femme et sa fille.)
LOUISE, courant vers lui.
Qu'est-ce donc? Mon papa semble près de s'évanouir. Oh ! mon Dieu ! maman, voyez comme il est pâle ! .Mon père, répondez-moi !... Vous souffrez?...
JULIE , s'approchant de Bourset plus lentement.
Quel malheur vient donc de vous frapper, Monsieur? BounsET, éperdu.
Laissez-moi!... Ah !... c'est vous'.... Julie !... Louise... donnez-moi de l'eau!... Là !... là!... (// montre une table.
{Louise lui apporte précipitamment un verre (Feau.) BOunsET, après avoir bu.
Oui... je suis mieux... c'est cela... Écoute, Louise... Non! écoulez, vous... Julie... Freeman est là-dedans... il parle !...
JULIE
Eh bien !... que dit-il donc?
BOURSET.
Il nous perd, il nous ruine, il nous déshonore!...
LOUISE
Lui ! oh ! c'est impossible , mon père : vous nu le connaissez pas.
BounsET, avec âcreté.
Il t'aime, ou plutôt il veut l'épouser parce que tu es riche et parce qu'il est ambitieux , et parce qu'il est pauvre ; et moi, je lui ai résisté, parce que je veux Ion iionheur et ta considération... Et maintenant il se venge, il me traîne à terre, il me calomnie...