‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 4)Chapitre 20 sur 63 · INTRODUCTION DE L*ÉDÏTEUR. LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DE L*ÉDÏTEUR. LXXXI

être nous. L'étude de ces combinaisons appelle à passer en revue les états divers de notre existence, et donne lieu à une reproduction vivante, à une synthèse réelle, qui est à l'étude artificielle et abstraite des facultés, ce que la physiologie qui décrit les fonctions des organes vivants, est à la dissection qui les mutile.

Si l'homme est un, en tant que sujet permanent de tous ses actes, il se sent profondément double à un autre point de vue, et la doctrine de M. de Biran n'est pas moins heureuse dans l'explication de la dualité humaine, que dans celle de l'unité de conscience.

Les phénomènes de la pensée, du sentiment, de la volonté, sont d'un autre ordre que les phénomènes de la forme, de la couleur, de la pesanteur, que présente la matière des organes; l'homme est composé d'une âme et d'un corps, et ce corps et cette âme agissent et réagissent continuellement l'un sur l'autre : telle est la donnée du sens commun, le résultat général de l'expérience universelle. Il faut reconnaître toutefois que cette donnée du sens commun, malgré son caractère apparent d'évidence, se trouve singulièrement compromise dans les systèmes des philosophes. L'école matérialiste nie la différence de l'esprit et de la matière, Malebranche et Leibnitz contestent l'action efficace de l'âme sur le corps; toute l'histoire de la métaphysique nous montre cette science, obéissant» un besoin intérieur d'unité, tendre sans cesse à effacer la ligne de démarcation qui sépare les deux termes de U dualité humaine ^ f

LXXXll ŒUVRES DE M. DE BIRAN.

Le caractère propre de I9 théorie de M. de Biran est de saisir cette dualité à la source mèqie dq la pepsée et de rétablir sur une base telle que la science marche désormais d'accord avec le vrai bon sens, qpi n'est que le septin^ent immédiat de la réalité. Popr ce philosophe, en effet, la question de la dualité primitive et de l'action efficace dans laquelle elle se manifeste, est toute différent^ de la question de l'existence du corps et de l'âme, prise ^ un point de vue objectif et absolu. Avant que l'homme, par le progrès successif de sa pensée , se soit éleyé à l'idée d'une substance spirituelle, avant qu'il ait réuni ses observations extérieures pour concevoir l'idée générale du corps solide, étendu, coloré, il se sait force active unie à un terme résistant. Ce fait primitif çst au début de toute pensée, puisqu'il est la condition de tout acte intellectuel. Le contester, c'est mettre la pensée en révolte contre son origii^e même, c'est ruiner le fondement de toute certitude. Ce qui est certain pour l'homme, avant tout et plus que tout, c'est qu'il est double, et que celui des éléments de sa nature avec lequel il s'identifie, agit sur l'autre élément qui cède à l'effort en lui résistant.

La nature matérielle, sous sa forme interne et subjective, se trouve donc engagée dans le fait même de conscience. Dans le même acte, l'acte primitif de l'existence personnelle, l'homme se distingue de la nature par le sentiment de sa libre activité, et se sait intimement uni à la nature par le sentiment de la résistance inséparable de cette activité. Dès lors, la dqalité se trouvant renfermée dans le fait qui est

INTRODUCnON DE L^ITEtlK. I.ttttTf

la condition de toute pensée, on ne saurait la nier, au nom de la logique , et toute conception unitaire, matérialiste ou idéaliste, est coupée par sa racine. Le matérialisme est vaincu d'autant plus sûrement que l'élément de vérité qu'il renferme a été loyalement et largement reconnu. La coexistence de l'élément matériel est admise explicitement dans tous les modes de la vie humaine; le matérialisme qui, observant du dehors l'influence des fonctions des organes sur l'âme, en conclut que la matière est la condition de la pensée, est même dépassé en un sens par une doctrine qui reconnaît que, dans la sphère de l'observation purement intérieure , la matière se révèle comme inséparable des actes de l'esprit. Mais conclure de là que l'esprit est de la matière, serait raisonner comme le physicien qyi, sachant que les forces qu'il étudie ne se manifestent que dans les corps, en conclurait que ces forces sont des corps. Pour qui réfléchit sérieusement, les assertions du matérialisme sont proprement absurdes , et reconnaître l'élément de vérité dont elles abusent, est le moyen le plus efficace d'en dissiper le prestige. L'idéalisme succombe également dès qae son point de départ est détruit. Si Descartes est convaincu de s'être trompé lorsqu'il affirme que l'esprit peut avoir conscience de lui-même à l'état pur, s'il est reconnu par l'observation que l'homme se sait double de science certaine, dès son entrée dans la carrière de l'intelligence, il n'est plus à craindre que la philosophie vienne heurter le sens commun, en élevant des doutes sur la réalité des corps. Déscartés et Ma-

LXIXIY «UVRES DE M. DE filRAN*

lebranche se préoccupent bien vainement de chercher les preuves d^un fait évident. Le corps n'est pas à prouver plus que Tesprit ; l'un et l'autre sont simultanément affirmés dans le fait même de la première connaissance que l'homme acquiert de son être propre.

Telles sont les vues profondes qui résultent de la manière dont M. de Biran a déterminé le fait primitif. Mais ces vues ,ne sont pas exemptes de difficultés. Il reste des objections à faire, ou, pour le moins, des questions à poser.

En faisant de l'activité le caractère essentiel de l'esprit humain et la condition de la conscience, l'auteur n'a-t-il pas méconnu la différence qui existe entre l'activité volontaire qui préside à nos actes réfléchis, et une activité spontanée, sans conscience, qui se rencontre soit dans les fonctions des sens, soit dans les opérations intellectuelles? L'activité du regard que provoque l'étonnement, bien que ce soit une activité réelle , ne diftère-t-elle pas du regard proprement volontaire? Le mouvement de l'esprit qui va d'une pensée à l'autre dans l'étude, est tout autre chose que la succession passive des images ; n'est-elle pas autre chose aussi que l'acte de la volonté qui a primitivement dirigé la pensée sur tel objet déterminé? Je sais bien qu'on peut déduire de quelques passages de M. de Biran, que, à ses yeux, toute activité est volontaire dans l'origine, et descend ensuite dans la spontanéité par un effet de l'habitude. L'habitude ramène à la nature ce qui a primitivement appartenu à l'esprit. Cette vue est féconde, sans doute, je suis loin d'en

INTRODCGITON DE L^ÉmTEUK. LXMf

contester la valeur ; mais suffit-elle k justifier la réunion sous un même titre de tous les éléments actifs de la nature humaine? N'y aurait-il point ici une de ces généralisations précipitées et arbitraires, dont M. de Biran a si bien signalé Tabus, dont nul mieux que lui n'a reconnu les inconvénients? La question subsiste malgré toutes les lumières que Ton peut recueillir à. cet égard dans ses écrits, et je ne suis pas le premier à la poser.

Un doute grave aussi s'attache à la manière dont M. de Biran détermine cet effort qui est la pierre angulaire de son système. L'expression à' effort mmculaire qui reparaît souvent dans l'exposition de sa doctrine, semble limiter à un ordre de faits secondaires et inférieurs l'activité constitutive du sujet; et l'on se demande comment tous les phénomènes de l'esprit humain peuvent s'expliquer avec un élément de cette nature? Pour bien saisir la portée de cette difficulté, il faut ne pas perdre de vue le point de départ de M. de Biran. Il débute en attaquant Condillac, et toutes ses armes sont forgées dans ce premier combat. Condillac réduisait toute la science à l'ana^ lyse des sensations. Son adversaire se place sur le même terrain, et c'est dans les fonctions des sens que le principe actif se révèle à lui. Or, dans les fonctions des sens, l'activité de l'âme se résout bien toujours en un effort musculaire. Ce point de départ agit visiblement sur les idées de M. de Biran, et malgré le chemin que l'auteur avait parcouru, il est certain qu'à l'époque de Y Essai sa conception de l'activité est trop matérielle encore pour qu'il puisse en tié-

UIZTI OSUVRBS DE BL DE BDUN.

duire légitimement tout ce qu'il en déduit en effet. Cette objection, lui-même se Test posée plus tard. Il est rare qu'on puisse élever à l'égard de ses doctrines quelque difficulté sérieuse que cette intelligence si ouverte et si dégagée de toute préoccupation systématique, n'ait rencontrée sur son chemin, et franchement abordée. Il s'aperçoit donc en avançant que si l'effort est le caractère constant de la vie de l'âme, cet effort n^est pas musculaire ou cérébral dans tous les cas. Il s'élève à la conception d'un organe intime de l'âme , distinct des organes locomobiles, et seul en jeu dans la pensée abstraite. Il va même plus loin lorsque , près de la fin de sa vie vraisemblablement, il trace les lignes suivantes : « L'effort peut n'avoir rien d'organique quant à « son terme. La résistance n'est que dans l'oppose sition qui existe entre les idées , les images , les « habitudes , les goûts , et la force de Tâme qui <i tend à écarter tous les nuages, pour recevoir une « lumière plus pure. » Les traces du point de départ, la détermination trop matérielle de l'activité ont ici entièrement disparu pour faire place à la conception de l'âme comme force relative, en conflit avec une résistance qui peut n'avoir rien d'organique dans son objet immédiat. La mort qui surprit M. de Biran , peu après l'époque où il avait envisagé son sujet sous cette face particulière, ne lui a pas permis de développer ces vues nouvelles autant qu'il serait à désirer, et de les concilier avec sa thèse fondamientale du sentiment immédiat et continu du corps propre.

nrmoDUGTiON de l'éditeur. lxxxth

Pour en revenir à la période qui fait l'objet actuel de notre étude, on peut conclure en disant que si la détermination du fait de conscience, dansi la théorie de YEssaif est riche en vues neuves et fécondes, elle n*oflre pas de tous points une précision complète, et laisse subsister quelques nuages dans Tesprit dii lecteur. Il eti est de même pour cet élément affectif qui se combine avec l'activité dans la vie totale de l'homme.

L'élément affectif se révèle à l'observation intérieure par une série de phénomènes ayant leurs lois propres, et tout à fait indépendantes de la volonté, phénomènes obscurs par eux-mêmes, mais venant s'éclairer de la lumière de la conscience. L'homme proprement dit, Têtre qui se sait et se possède se développe au sein d'une vie préexistante. C'est dans cette vie qu'ont leurs fondements les penchants , les désirs, les images qui se produisent spontanément, sans que l'être actif y reconnaisse les résultats de l'exercice de son activité. Il y a donc dans la sphère de l'expérience purement interne une dualité autre que la dualité primitive de l'effort et de la résistance, savoir celle de la vie active et de la vie passive. L'observation extérieure, se combinant avec les données du sens intime, apprend à l'homme que cette vie qui est en lui sans être lui-même, est sous la dépendance des fonctions de ses organes corporels. Dès lors ridée du corps se complète; il n'est plus seulement la résistance, le terme immédiat de l'effort; il est de plus le siège de tous ces modes confus d'une vie primitive & Ia(|uelle là cMiseience

Lxxxvui CEUYRES D£ M. D£ BLAAN.

se surajoute. Aucun des instants de notre existence n'est dégagé de quelqu'un de ces modes vitaux qui déterminent notre bien-être ou notre mal-être, notre humeur, nos dispositions. C'est donc une erreur grave de ne voir dans le corps qu'un ensemble d'organes au service de l'intelligence, puisqu'il est le principe d'une vie qui est toujours en conflit avec la vie propre du moi, et souvent la trouble et l'opprime. La conception purement objective et mécanique du corps comme instrument de l'esprit est loin de répondre à cette réalité de deux principes en lutte. L'esprit se développe dans un animal vi-* vaut, et non dans une machine (1).

Ces vues sont confirmées par l'expérience, et fortes de l'appui des faits et du sens commun. Chacun sent et. sait, au fond, qu'il y a en nous autre chose que le mécanisme des organes d'une part, et de l'autre l'esprit qui pense. Au moment du réveil, un homme habitué à s'observer perçoit en lui des phénomènes qui ne commencent pas, mais qui suivent leur cours antérieur au moment où la conscience vient les

(1) Qu'on me permette de citer ici un auteur dont les charmantes fantaisies recouvrent parfois de profondes vérités : « On « s'aperçoit bien en gros que Thomme est double; mais c'est, dit- « on, parce qu'il est composé d'une âme et d'un corps ; et l'on « accuse le corps de je ne sais combien de choses, bien mal à pro- « pos assurément, puisqu'il est aussi incapable de sentir que de « penser. C'est à la bête qu'il faut s'en prendre, à cet être sen- « sible, parfaitement distinct de l'âme, véritable individUy qui a « son existence séparée, ses goûts, ses inclinations, sa volonté, et « qui n'est au-dessus des animaux que parce qu'il est mieux élevé, « et pourvu d'organes plus parfaits. »

(Xavier de Maistae, Voyage autour de ma chambre,)

irmiODUCllON de VÈDVTEVW. Lxxxix

éclairer. Les rêveries de la veille qui prennent plus ou moins d'empire selon le degré d'effort de la pensée, et qui toujours sont prêtes à se développer selon leurs propres lois, dès qu'oii leur abandonne les rênes, livrent à l'observation des faits de même nature. La bête enfin nous offre le type d'un mode d'existence, que nous ne pouvons ni assimiler au nôtre, ni réduire à un pur mécanisme, sans faire violence aux données confuses mais positives qui résultent de l'expérience. Lorsque nous rapprochons de cette existence animale les modes de la vie passive qui se développe en nous, nous avons en faveur de notre thèse, non-seulement toutes les conclusions de la science de la nature, mais ce sentiment immédiat des réalités que l'esprit de système ne brave pas impunément.

Telles sont les considérations qui militent en faveur des vues de M. de Biran , et assurent à ces vues une supériorité incontestable sur le système cartésien. Ce n'est pas à dire que toute difficulté ait disparu ; les difficultés abondent au contraire.

Quelle idée pouvons-nous nous former d'une sensation où le moi n'est pas? Qu'est-ce qu'une peine ou un plaisir non sentis? Qu'est-ce qu'une image qui n'est pas une représentation pour le sujet? 11 y a à cet égard deux questions principales à faire.

£t d'abord, à qui ou à quoi appartiennent ces modes intermédiaires entre le mécanisme et la conscience?

Les qualités mécaniques et sensibles appartiennent à la substance matérielle ; la pensée et la vu-

XG CeUYRES DE Bl DE BlRAff.

lonté appartiennent au moi; quel est le sujet d'inhérence des modes vitaux? M. de Biran semble parfois admettre un principe distinct, soiis le titre d'âme sensitive. Le plus souvent^ il attribue les modes vitaux au corps, et considère les affections comme contemporaines de la vie, comme appartenant à la molécule organique, sans nous indiquer comment la conception de tels modes qui n'ont rien d'objectif et de percevable pour les sens, peut se relier à la conception de la matière étendue et figurée.

Il faut reconnaître du reste que M. de Biran est placé sur un terrain qui lui permet de récuser cette première question, à titre de question de métaphysique pure. La théorie des substances et des modes, à un point de vue absolu, est en dehors de son programme qui n'admet que les données de l'observation. Mais récuser cette question par un semblable motif, c'est provoquer la seconde qui ne comporte pas une fin de non-recevoir de même nature.

Par quelle méthode, disait Royer-Coliard à son ami, connaissez-vous ces faits de Tordre affectif, qui jouent un si grand rôle dans votre doctrine? Par l'observation externe? Mais vous affirmez que ce ne sont pas des représentations. — Par l'observation interne? Mais vous faites de l'absence du moi, le caractère essentiel de ces modes; dès lors, ils ne tombent plus sous l'œil de la conscience. — Vous introduisez donc dans votre théorie uù élément dont vous ne sauriez justifier l'origine, puisqu'il ne découle ni de l'un ni de l'autre des deux moyens de connaître que vous proclamez seuls légitimes. L'ob^

INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. xci

jection était embarrassante, et M. de Biran, qui nous Ta conservée, sent bien qu'il ne peut y donner une réponse propre à satisfaire tous les esprits.

« La supposition d'un état affectif sans volonté, « sans maiy » écrit-il, « et tout ce que j'en ai déduit, « paraîtra se réduire, aux yeux de plusieurs, à la « valeur d'une pure hypothèse. » Mais il est des hypothèses nécessaires, et M. de Biran croit que celle-ci est du nombre. Il sait bien que tous les exemples qu'il allègue pour établir la réalité des modes vitaux inconscients ne peuvent avoir la valeur d'une démonstration logique, puisque, de ces exemples nécessairement pris dans la sphère de la conscience, il faut conclure à ce qui est sans la conscience. Il ne méconnaît en aucune manière la portée de l'objection de Royer-Collard, mais il estime qu'en présence des faits l'admission d'un état affectif est impérieusement réclamée par le sens commun, ou, si l'on redoute ce terme dont on a trop abusé, par ce sentiment immédiat des réalités , dont les procédés échappent parfois à l'analyse, mais qui, après tout, pose les problèmes à la science, et juge en dernier ressort des solutions systématiques. « Nous ne pouvons nous faire d'idée « objective de ces affections, qui sont des effets de <i mouvements organiques mais sans ressemblance « avec leurs causes. Nous ne pouvons non plus nous « en faire d'idée subjective, puisque le moi n'a pas « été présent. Mais nous n'en sommes pas moins a nécessités à les admettre sous le titre d'affections <i d'un principe sensitif aveugle dans son principe

xcii ÛEtiVRES DE £ IDE ISL^Hk '

«et distinct du mdi voulant, agissant^ et peu- « sant. )>

La question est de savoir si cette nécessité invoquée par le philosoplie est une nécessité factice résultat de son système, ou une nécessité réelle provenant de la nature des choses. Je n'hésite pas pour ma part à accepter la seconde alternative. Oui , la nature de l'homme ne peut s'expliquer par le moyen de conceptions claires et distinctes seulement. Nos conceptions claires et distinctes quant au corps et à l'àme se résument dans l'idée de l'espace figuré et de ses attributs, et dans l'idée de la pensée et de ses modes. C'est là ce que Descartes a vu avec le coup d'œil profond du génie, et on ne saurait trop admirer la puissance logique avec laquelle il a déduit de cette vue systématique toutes les conséquences qu'elle renferme. Mais Descartes a dénaturé dans sa doctrine l'homme et l'animal. A l'homme réel il a substitué une création métaphysique; à l'animal tel que Dieu Ta fait^ un mécanisme hypothétique. Entre la pensée et le mécanisme , il y a la vie , et toute théorie qui méconnaît la réalité de cet intermédiaire est condamnée par cela même. Cette vie qui n'est pas la matière et qui n'est pas l'esprit est mystérieuse sans dqute , l'irréflexion seule peut lui contester ce caractère; mais nous ne pouvons nous passer, dans l'explication des faits, de cet élément inexplicable lui-même ; et l'on peut bien appliquer à ce sujet, ce que disait Pascal d'un point de doctrine plus grave encore : « Sans ce mystère, le plus M incompréhensible de tous, nous sommes incorii-

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