INTRODUCTION
Tous les êtres qui composent ce que nous appelons le monde matériel ou sensible , obéissent à des lois constantes, invariables et nécessaires, qui sont les résultats de leurs rapports les plus généraux. Ainsi, rimpulsion et l'attraction combinées déterminent la marche fixe et régulière de chaque planète ; les agents physiques ou chimiques se manifestent à nous par certains effets que le calcul de Texpérience parvient à réduire en lois. Les machines organisées, malgré la spontanéité et l'espèce d'indépendance qui les soustraient à toutes les lois générales et à l'application de nos calculs déterminés, n'en partagent pas moins l'aveuglement et la nécessité des autres forces de l'univers, avec lesquelles elles doivent se coordonner.
Comme nous attribuons l'existence absolue aux objets matériels qui se représentent à nos sens et résistent à notre effort, quoique la chose qui est dite exister ainsi ne sache pas qu'elle existe» de même
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uuiis concevons qu'un être purement sensitif puisse vivre et sentir sans connaître sa vie,
Vivit et est vitee nescius ips*? sus.
Cette existence» cette vie, cette sensation sont des faits pour une intelligence capable de les juger du dehors, mais non pour la combinaison organisée à laquelle nous les i^ttribuons.
Gomme être pbysique, Tliomiïïe appartient à la nature matérielle; il en partage tout Taveuglement et en subit toute la nécessités Comme être vivant, et même comme animal, il ne fait que sentir; il n'aperçoit ou ne connaît pas même son existence. Dirigé, poussé, entraîné, comme les animaux, par les impressions internes ou externes, par toutes les déterminations il'un instinct aveugle, il est acteur subordonné et non point spcclaleur de Tunivers; il ne se dirige point par sa propre force. Déniié du pouvoir de commencer une série de mouvements ou d'actes volontaires, il réagit et n'agit point. Mais, comme être doué d'une puissance libre de mouvement et d'action, l'homme jouit de la vie de relation et de conscience; soustrait à la nécessité du fatum, il étend sur la nature l'empire qu'il a d'abord sur les instruments de sa volonté. Non-seulement il' vit de la vie commune a tous les êtres qui sentent comme lui, mais il sait qu'il vit, et pendant que la sensation enveloppe réellement toute l'existence animale, lui seul a ridée de sa sensation et distingue son individualité, son moi , raper(;oit ou en a conscience. Non^ seulement il a des rapports essentiels avec cette na*