‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 4)Chapitre 59 sur 63 · U FOND. DE LA PSYCHOLOGIE. -^PART. L SECT, U · texte numérisé non relu

U FOND. DE LA PSYCHOLOGIE. -^PART. L SECT, U

peut appeler sens vîtaK Par ce dernier, Thomme vit d'une sorte de vie végétative ou purement affective, comme les animaux tes plus bas de Féehelle- Par la combinaison intime des deux sens, et dans la subordination nécessaire du mouvement aux affections et à la sensibilité animale, l'homme sent assurément, sans être encoFC unt^ personne constituée, ou sans avoir un mot distinct, sans atteindre enfio jusqu'au fait de conscience ou de sens intime. Par le sens de Teffort, distinct de toutes les affections ou impressions passives, n'obéissant qu'à la volonté qu'il renferme en lui-même, l'homme parvient enfin à la dignité de personne morale, de mo{. Ces trois ordres de facultés ou ces trois degrés d'élévation dans Téchelle des êtres animés, ressortent d'une analyse exacte, non pas seulement de certaines facultés abstraites, mais des conditions ou moyens naturels sur lesquels se fonde l'exercice primordial de ces facultés, quand elles viennent à passer du virtuel à l'effectif.

Le moi est un et simple, mais il n*est ou ne sV pei*çoît tel qu'en qualité de sujet de l'effort, et relativement ail terme composé et multiple sur lequel sa fcrce se déploie. Cette multiplicité, ou composition du terme de l'effort, ne peut être actuellement conçue par nous, ett vertu de nos habitudes premières, que sous l'image de parties contiguês ou juxta-posées, selon ce mode de coordination que nous appelons espace, étendue matérielle, et qui est, comme bn dit, la forme de toutes nos représentations externes. Mais je dis que celte forme d*espace extérieur

FAITS DU I^NS INTIMK» -- GH. OL Mi

OU d'étendue, qui eftt l'objet de la vue ou du toucher, diffère essentiellement de celle qui constitue le terme propre de l'effort, l'objet de l'aperception immé^ diate'dont le moi est inséparable.

Leibnitz définit supérieurement l'étendue, la con-^ tinuité de ce qui résiste : emtinuatio resistentis. Cette définition qui, dans l'esprit de l'auteur, s'appliquait au phénomène de l'étendue extérieure , telle qu'elle se manifeste au sens du toucher et de la rue réunis, embrasse de plus l'objet de l'aperception interne et immédiate. Elle exprime même parfaitement le point de vue tout à fait nouveau, soud lequel je considère la connaissance du corps propre^

Si l'on consulte en effet uniquement le sens mtiii* culaire de l'effort et de la résistance, et qu'on abstraie autant que possible de son exercice actuel, tout ce qui peut se rapporter à la vue et au toucher j en Un mot, à la représentation objective, on trouvera dans cette continuité de résistance, non plus étrangère et absolue, mais propre et immédiatement re^ lativé à l'effort voulu, le fondement ou le type simple et originel d'une sorte d'étendue qui, pour ne pouvoir se représenter sous aucune image, n'en a que mieux toute la réalité d'un fhit primitif, réalité aussi certaine que celle de notre existence dont elle est inséparable. Gomme l'espace dans lequel s^exerce notre locomotion extérieure est le lieu des ihtuitions objectives, ou la forme, la condition nécessaire sous laquelle il y a quelque chose de représenté hors de nous ; ainsi cette étendue intérieure du corpsi objet de l'aperception immédiate dont le iiuh se distingue,

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