INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. XT
ne peut exprimer, selon Tauteur, <i qu'un objet re- « présentable ou susceptible d*être ramené aux re- « présentations claires des sens (1). » Dès que Tesprit s'éloigne de cette source unique de connaissance, il ne fait plus que réaliser de vaines abstractions, former des concepts vagues et incertains qui, tels que ceux de substance et d'essence, par exemple, acquièrent, en raison même de leur caractère indéterminable, une sorte de pouvoir magique (2).
La méthode recommandée est bien celle qui résulte logiquement d'une telle doctrine. Deux règles sont particulièrement à remarquer : la première exprime la convenance d'unir l'idéologie à la physiologie, et de demander à la physique de répandre du jour sur les obscurités de l'être pensant. La seconde prescrit de s'arrêter uniquement à l'étude des effets, sans prétendre s'occuper des causes, ou, en d'autres termes, de ne s'occuper, selon la méthode des physiciens, que du rapport et de la succession des phénomènes (3). Il s'agit donc d'enlever à l'étude de Thomme, tout caractère spécifique, pour la faire rentrer dans le cadre général des sciences de la nature. C'est l'application complète et précise des vues de Bacon. Ajoutons encore que, dans un écrit peu postérieur en date au Mémoire sur t habitude^ on trouve des appréciations historiques, telles que cellesci : « la métaphysique, chez les Grecs, fut unjargon puéril, un tissu monstrueux de rêveries etd^ab-
(1) Édition Cousin, tome i, page 2ia.
(2) Id., Id., pages 187, 209 et 305.
(3) Id., Id,, pages 16 et 17,