SUR L'ÉVAIN&ILE DE SAINT JEAN
ClLUm ilE I, VERSETS 1 A 18,
Pab Chablbs LOYSON*
Prenons d'abord ce (juc l'Apôtre dit d(; Dieu comme une pure descriptiou psycUologiquet et cherchons eu nous-mêmes les faits qu*il décrit
Verset i. Au ammencement était le Verbe. — Dans le premier comme dans le plus profond exercice que Fhomme puisse faire de ses fatullés, lorsqu'il se reùi e du dehors et se reaièrme en lui-même» se met vis^à-vis de lui-même et s'interroge ou s*é* coûte lui-même, il trouve le sentiment de son existence ou plutôt de son activité, car pour lui être, c'est agir. Ge sentiment double ou plutôt un, qui semble commencer dans un autre monde pour finir dans celui-ci, est une sorte de parole, un battement de la vie, signe de riiitelligence, c ei>L le verbe, le mot par excellence ifagis^ plutôt que je suis, ou Tun enveloppé dans l'autre. (Origine du langage. » Rapport du signe à la chose siguihée — Verbe en grammaire, ' pronom de la première personne») Voilà
NOTES SUR L^ÈYANGILE
donc la première chose que nous éprouviuus ; ce qui était au commencenêent^ le Verbi.
Et 1$ Verhe était avec Dieu. — En même temps que oous scntous cette maaifestatiou de notre vie, de notre activité, nous concevons quelque chose de substautiel el de permanent, dont cette niauiiestation n'est qu'une production ou image, limitée par la du* rée. Cette substance, c'est Dieu le père, dans le mystère deTApôtre; ce sera l'ànie dans la description de Thomme; le Verbe, le moi est avec« chez Tâme, apud Deum.
Et le Verbe était Dieu. — Le moi n'est pas seulement une action de l'âme, il en est une action (i) , une production, son image, comme je l'ai dit, et sous ce point de vue, le moi est rigoureuseineDl rànie : H k Verbe était Dieu.
%. Il était au ctmmetwiment avec Dieu. Nous ne pouvons pas concevoir une Ame dont la nature ne soit pas de se sentir, de s'expnuier en elle-même par un mêi. Ce mot est donc au commencement avec Tâme, son contemporain, quoique son fils.
3. Toutes choses otit été faites par lui et rien de ce çui a été fait n'a été fait $an$ im. — Ces paroles, dans un sens tiieologique, contieniK ni le mystère Bobiime de la création ; dans un sens naturel t elles s'appliquent parfaitement à l'homme. Que faiioiiinousTPrenone^y Lieu garde 1 rien autre chose que des arrangements, des disposittons ; cela est vrai eu
(1) Il y a visiblenienl in uiie faute de rédacliou, m^io la coriection à liiire n'est pas assez évidente pour que Tédileur eo prenne limpaMiMIMi
MDs ioleUecUieli moral et physique; lei ctioies préexistent et noos iont doonéee* Mais qu'esKe danc
que ces amugements? l'œuvre de l'inlelligence qui n'a eooaeience d'ell^mènie que dane le «m. Le ouinœuvre qui exécute machinalement, agit d'après les plans d'un autre moi. Tout se lait par le moi et rieu ne se &it sans lui. L*évangéliste « ajouté :€ ik cê qui se fait, » aussi admirable par la préciaioa que par la sublimité.
4. En lui était la vie. — Ceci n'a pas besoin d'explicatioa* Mous sautons que la vie et le moi se eonfoodent Admirons cependant Teiactitude du philo^ sophe ; la vie est dans le mai et non le moi dans la vie. Le moi est plus ample : nous nous sentons vivants, mais nous beuious aulre chose; révangéliste ^oute doue :
EtIaHê était la bmiirê tk$ homtm$, ^ Un moloeot d'attention sur notre conduite iiabitueliel Lorsque nous agissons* soit d*après des besoins aveugles, des iubtiactë in tilcchis, des préjugés reçus sans examen, lorsque nous abandonnons la partie de notre vie à la matière, au temps, à Thabitude, lorsque oous prononçons les paroles que nous avons été accoutumés k répéter dès notre enfance, et qui, avec leui' vague et letur indétermination, font tout le corn- SMree de la vie, nous agissons à la lettre et nous
parlons sans lumière, sans savoir ce que nous faisons, ce que nous disons. Ce n'est pas nous qui agissons, qui parlons; le moi* n*est pas là : nous nous prétons à un autre moi passé, étranger. Mais lor^^que BOis fMMioiis chaque action, chaque parole en