‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 11 sur 78 · A MA FEMME · texte numérisé non relu

A MA FEMME

En lui envoyant le conte de l'Enfant de Neige.

Trop a vanté le labeur imparfait

D'un qui s'en va rimant à la bouline,

Cettui grand clerc émule de Racine.

Pour V enlever à celui qui l'a fait,

Faut que soyez plus qu'Urgande ou Gabrine.

iy> Tragédie que je composais alors et que j'ai laissée. (Note de Piron.)

104 LETTRE DE Mll<> DE BAR A M. DE LA FAYE

Nota (1). Véritablement, ce conte est bien fait et curieux. M. de La Faye ne le communiquait qu'à ses amis ; il est pourtant imprimé dans des collections. Du reste, cet homme d'esprit était trop de son temps pour être initié dans l'érudition gauloise. L'illustre Foncemagne, son confrère, lui dirait qu'Urgande était une vieille et bonne magicienne, et Gabrine une orde et méchante sorcière. Galant et poli comme il faisait profession d'être, il se serait bien gardé de mettre ici Gabrine en jeu ainsi qu'il l'y met.

Quelque temps après, il tomba malade. Le bourreau Sylva (2) et Faget, son maître valet, le saignèrent, en vingt-quatre heures, jusqu'à ce que mort s'ensuivît. Je fus témoin de la dernière saignée et de la catastrophe. Je rentrai chez moi aussi affligé qu'on peut l'être. J'en eus la fièvre, et dans l'accès, je fis ces quatre vers :

La Faye, adieu • jusqu'au revoir.

C'est pour la nuit que je te quitte; Je me trouve un peu mal ce soir, Et demain Sylva me visite.

(1) De la main de Piron.

(2) Médecin célèbre.

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