REPONSE , DU MÊME JOUR
« Les personnes aussi justement affligées que vous, Monsieur, sont dispensées des grimaces de toutes cérémonies. Le mot que je vous écrivis dans le temps n'exigeait aucune réponse. Celle que vous venez de me faire n'est donc que l'effet d'une politesse trop attentive. Elle m'a surpris comme quelque chose d'imprévu de ma part, et comme quelque chose aussi de très-gratuit et de très-surérogatoire de la vôtre. Je vous remercie pourtant de cette occasion de vous renouveler l'assurance des mêmes sentiments que je vous exprimais dans mon billet. Je n'ai qu'une seule et stable façon de penser sur la belle et douce humanité, si vantée, si digne de l'être, et si mal pratiquée. En fait de badineries littéraires, c'est autre chose : je varie selon les circonstances, ainsi que vous. La Métromanie, sur laquelle
vous vous êtes tant réclamé, ne vous en a pas imposé sur tous mes autres ouvrages, ni ne vous a pas empêché de les réprouver. Gardons nos principes; et croyez, Monsieur, que je suis toujours, comme je vous l'ai dit, de la meilleure foi du monde, votre, etc..
» PIRON
Voilà tout ce qu'en ma vie j'ai eu de relations avec ce petit Scudéri de notre petit siècle. Excepté, toutefois, que, longtemps auparavant tout cela, en . . . . , le pauvre malheureux ayant outragé le pa cifique Fontenelle, et madame T***, puissante amie de celui-ci, l'ayant fait menacer d'une lettre de cachet, il me vint implorer avant de s'aller mettre à couvert. Je fis sa paix et lui mandai qu'il pouvait reparaître; sur quoi il m'avait écrit cette lettre que je viens de retrouver, et qui existe...
( La lettre dont il s'agit n'a pas été transcrite par Piron, qui finit ici sa narration).