A M. LE MARQUIS DE LIVRY
En lui envoyant mes Œuvres (I).
Hier Madame s'amusait En philosophe solitaire ; Et je la trouvai qui faisait L'emploi de bibliothécaire.
Daigne aujourd'hui sa belle main Mettre, en faveur du maroquin, Ces trois tomes parmi les autres !
Et quand vous aurez dans leur temps Tout le reste de mes enfants, Puissent-ils amuser les vôtres!
CHANSON d'un dijonais contre les beaunois.
Sur l'air d'Exaudet.
Quand Mandrin Un matin Vint à Beaune; Vous auriez vu des Beaunois
(I) Il n'y avait que deux jours qu'il était marié. Madame était à Paris et le marquis h la cour. [Note de Piron.)
L'oreille, cette fois, S'allonger plus d'une aune.
Par le Styx, Saint Félix Dit, sans cesse, Que, pour des besoins pressants, Il a vingt mille francs
En caisse.
Cependant Mandrin le somme De lui payer cette somme ; Aussitôt Le grand sot Fait la quête.
La ville se cotisa La somme se trouva Tôt prête.
C'est bien fait.
Le beau trait De prudence ! - Contre le meunier enfin De ïâne un peu mutin Qu'eût servi la défense ?
Par argent S'en tirant A merveille, Beaune sortit d'embarras.
On ne lui tira pas L'oreille.
RÉPONSE DES BEAUNOIS
Sur le même air.
Dans lai main De Mandrin Maille ai maille, Juan du peùce un pechô, J'aixon, du chaipechô, Réchaipai noz or aille.
Ma gaigeon Qu'ai Dijon Po vez autres, Yô Vairrein é ckaudronnei Côpai por ein denei Lé vôtre.
J'en air on pleine côquelle Si Mandrin et sai séquelle Que que j or, San tambor Ni trompaite, Ché vo sévise d'entrai Devan qu'on o senai Lai guaite.
Ma nannin !
A -ce ansin Qu'on vo gône ?
Ce seré tôt ai rebor :
Car vos saité aVaibor En jan qui se retone,
Faire voi E grivoi Lo baijeaûne, En leur viran le Ponan Et lez anpoisenan De Vône.