‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 74 sur 78 · MON ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

MON ÉPITAPHE

Virée en Borguignon el à laquelle je donne ma prédilection.

Ici gî si pecho que ran;

Ein drôle qui s'épeloo Breigne ;

Natif de Dijon vé Tailan,

Qui n'a mazeu ni guai ni greigne.

Ai ne fu ni moaître ni clar,

Ni coronel, ni pot-ansaigne,

Ni caipitène, ni soudar,

Non pas moime ai lai Saint Ostie (1 ) ;

Ai ne mâgni fessou, ni fliâa,

Cri, aiquâre, gouïzo, ni cognie;

Aine fu prête, ni coréà,

Juge, procureu, ni boréà,

Péchô ni prou dur an sai vie.

Fit-i pa bé de nête nun ?

(!) C'était la procession d'une hostie miraculeuse qui attirait beaucoup d'étrangers à Dijon. Cette relique a été brûlée pendant la Révolution. Voyez Une Histoire, \ vol. in- 12 ; Sirot, -1759, Dijon.

Fai d'ein chicelô devenu carre, N'a-t-on pa bé gras desô tarre D'aivoi su tarre étal quécim * Finis, cinis.

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