PRELIMINAIRE
Det jwçrau ie voyager utilement.
L'âge du voyageur est celai où le jugement est focmé et la t&e meublée des coimaissances reqaûes. Sws ces deux cooditloos, ou l'oa ne rapportera rien de ses voyages , ou l'on aura fait bien du cbemin et déjtens^ beaucoup d'argent pour ne rapporter que des erreurset des vices.
Je voudrais au voyageur une bonne teinture de mathématiques, des éléments dé caloul, de %éçm&rià» , de mëcanique . d'hydraulique , de pbyùque expérimeutaLe, d'histoire naturelle, de chimie* du desjùn. delà géograpbie, et même un pe« d'astronomie : ce qu'on a Cttutume de savoir k vingt-deux ans quand Qp a reçu une éducation libérale.
. QiM l'histoire de snn pays )ni soit familière. Les }»fHfta4ï ({ulit queRtionoera sur leur contrée l'ititer- , fM^SQiït sur la muoR , et il serait honi«ux cjpi'il ne pût leur répondre. Il est prescine auaai ridicnle d'aller étudier une nation étrangère sans connaître
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i5a PRËLIMINAIKE.
la sienne, que d'ignorer sa langue et d'en 3p[»«ndre
une antre.
Qne la langue du pays ne lui soit pas tont-à-fàit inconnue ; s'il ne la parle pas , du moins qn^il l'en* tende.
Ayez la tout ce qu'on anra publié d'intëressaot sur le peuple que tous visiterez. Fias vous sanrez, pins vous aurez à véri&er, plus vos résultats seront justes.
Ne soyez point admirateur exclusif de vos usages , si vous craignez de passer pour un causeur impertinent. La plupart de nos Français semblent n'aller au loin que pour y donner mauvaise opinion de nous.
Gardez-voas de juger trop vite , et songez que partout il y a des frondeurs qui déprécient, et des enthousiastes qui surfont.
L'esprit d'observation est rare ; quand on l'a reçu de la nature , il est encore facile de se tromper par précipitation. Le sang-froid et l'impartialité sont presque aussi nécessaires au voyageur qu'à l'historien.
Une des fautes les plus communes , c'est de prendre , en tout genre , des cas particuliers pour des faits gënéraax, et d'écrire sur ses lettres en cent façons différentes : A Odéans, toutes les aubergistes sont acariâtres et roiisses.
Vous abrégerez votre séjour et vous vous épargne-
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PRÉLIMINAIRE. i5S
re£ bien des erreurs si tous consoltez l'homme instniit et expérimenté du pays sur la chose que tous desirez savoir. L'entretien avec des hommes choisis dans les diverses conditions vous instruira plus, en deux matinées , que vous ne recueilleriez de dix ans ans d'observations et de séjour.
Le médecin vous dira de l'air , de la terre , de l'eau, des productions du sol, des métaux , des minéraux , des plantes , de la vie domestique , des mceurs , des aliments, des caractères, du tempérament, des passions , des vices , des maladies , ce qne l'homme d'État ignore.
L'homme d'État vous donnera sur le gouvernement des lumières que vous chercheriez inutilement dans le médecin.
Si vous savez interroger le magistrat sur les lois et sur la police , vous sortirez de sa conversation plus instruit de ces deux choses que l'homme d'État.
Cest sur le commerce, son étendue, son objet, ses règlements , les manufactures , qu'il faut entendre le commerçant, si vous voulez en discourir plus pertinemment peut-être que le magistrat.
L'homme de lettres connaîtra mieux que le commerçant l'état des sciences et les progrès de Tesprit humain dans son pays.
Si vous sollicitez l'artiste, il se chargera volon-
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l54 PRÊMHIMAUE.
Wr» de VPU6 conduira devant les <4iefs'>d'<s«Tn en peiaUtre, 90 scolptura, en arohiteature , cfuimu sortis d«8 maioi de se» coaàioyw et qui décorent Iwr pittr». tfiontvhh, sovs peioe da fiùie le jr^ d'Al«wadr9 d9Di Tatelier de Pbidiu , ou d'efttesdn le mot de notre Pnget à na grwd seigneiu- qoi avait forc^ la porte du »en : Jh I dist iwç tgte ! JhJ ctla pante/.,.,
t^'eccléfiiHtiqDe apaiser* votre curiosité a«r k 19- Ufiioit-
Cevt «M»i <iue dws la eontrée où cUcu» «st im chose et n'est qu'à sa chose , vous qui n'aares qu'on ntonent à rester , «t po«r qni il n'y iiuca pccsqae nm d'indifférent, yom en sawex i la vérité moiM
qu'aucun des habitants sur l'objet qui Ini.eat propre) wùff plus qn'eax tawsur la multitude 4«a olqels ^ «mt étrft»eer»i levr condiLion>
Sorti» de jb QKpitale, et fûtes le ménM rdje Amh les antres vilies.
Iteceutei les easipigoca. Vous entrepca dans le chiivni'^« du pijrsan, ai vous ne dédaignée pas l'agriculture et réeonoxnie mstigoe. Lia^cultwe ealellei vp» y«i» la pi» importante desniTiifantares? CofMiia)sft«E.;bi,
Si voua n'êtes pas un homme de peu de oerwUe ,
voHK .^^tiquore» paiioutile «oqscîI qns)e vaia vous
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.4«aneF. Ariijr4 du»» une vîUp , moatçz tôt qp«1q09 hjKitei)F 41Ù ^ik 4ovàin9 1 car fi>at ]à qv9 « p^r voQ ap^ plMatisB rapide 4« l'éohelte de I'cbU , tqm ïKaodFW
da nombre de ses maisons, et avw CfiS ^^WtB quelque Dotion approchée de sa population.
Écoutez beaucoup et parlez peu. En parlant vous direz ce que vous savez ; eu écoutant tous apprendrez ce que tes autres savent.
Si TOUS remarquez qnelque contradiction dans les récits , ne tenez pour certain que le iait qui vous sera généralement attesté.
Appréciez les témoignages ^ vons ne tarderez pas à discerner l'homme instruit et sensé à qui vous pourrez accorder de la confiance , du discoureur ignorant , indiscret, frivole , qui n'en mérite aucune : ce dernier parle de tout avec une égale assurance. Ne balancez pas à croire celui qui se renferme dans les choses de son état.
Et sartout méfîez-vous de votre imagination et de votre mémoire. L'imagination dénature , soit qu'elle embellisse , soit qu'elle enlaidisse. La mémoire ingrate ne retient rien , la mémoire infidèle mutile tout; on oublie ce qu'on n'a point écrit, et l'on court inutilement après ce que l'on écrivit avec négligence.
Cest en vous conformant k ces préceptes , qu'on
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pourrait augmenter d'un grand nombre d'autres, qne, de retour dans votre patrie, vos concitoyens se feront un plaisir de vons écouter, et qu'ils oublieront en votre &veur le proverbe qui dit : A beau mentir gui vient de loin.
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