A MADEMOISELLE JODIN
Je sois bien aise que vous ayez débute avec succès , car il n'y a guère que des applaudissements continus qui puissent dédommager de la fatigue et des dégoûts de TOtre état. Mon dessein n'est pas de tous décourager ni de flétrir un moment heureux ; mais songez, mademoiselle , qu'il y a bien de la différence entre le public de Boiv deanz et le public de Paris. Combien n'avez-Tous pas entendu dire d'une femme qui chantait en société et qui même chantait fort bien, qu'elle était au dessus de la Le More ? Quelle difierence cependant, lorsque, placée l'une à côté de l'autre sur les planches, on venait à les comparer. C'est ici , en scène aTCC mademoiselle Clairon ou mademoiselle Dumesnil, que je Tondrais que Vous
,,-erihyGOOglC
eussiez obtenu de notre parterre les éloges que l'on TOUS donne à Bordeaux. Travaillez donc > tra- Taillez sans cesse; Jugez-Tous sévèrement, croyezen moins aui claquements de mains de vos proviuciauz, qu'au témoignage que vous vous rendrez à vous-même. Quelle confiance pouvez-vous avoir dans les acclamations de gens qui restent muets dans les moments oii vous sentez vous-même qae vous faites bien , car je ne doute point que cela ne vous soit arrivé quelquefois? Perfectionnez-vous surtontdans la scène tranquille.
Ménagez votre santé ; faites-vous respecter , montrez -vous sensible aux procédés honnêtes. Recevez -les même quand ils vous seront dus comme si l'on vous faisait grâce en vousles accor^ dant. Mettez-vous au dessus de l'injure et n'y répondez jamais. Les armes de la femme sont la douceur et les grâces , et l'on ne résiste point à ces armes-là.
M. le duc d'Orléans ne prend rien à fonds perdu, même de ceux qui vivent dans son intimité.
Mademoiselle et madame Diderot sont tont-àfait sensibles à vos succès et à votre souvenir.
,,-erihyGOO^IC