I.1TI
Mais il &,ut être vêtu.
MOI
Non il aUait tout nu.
LOI, Qnelqueibis il faisait frmd dans Athènes.
MOI
MoiiB qu'ici.
LDI.
On y mangeait.
HOt.
Sans doute.
LDI.
Aux dépens de qui?
MOI
De ta nature. A qui s'adresse le sauvage ? à la terre , aux animaux, aux poissons , aux arbres , aux herbes , aux racines , aux ruisseaux.
,,-erihyGoogle
i44 l'E NEVEU
Mauvaise table.
Elle est grande.
LOI
Mais mal servie.
MOI
C'est pourtant celle qu'on dessert pour courrir les autres.
LOI
Mais TOUS conviendrez que l'industrie de dos cuisiniers, pâtissiers, rôtisseurs, traiteurs, confiseurs , y met un peu du sien. Avec la diète austère de votre Diogène, il ne devait pas avoir des organes fort indociles. •
HOI
Vous TOUS trompez , l'habit du cyaique était autrefois notre habit monastique avec la même vertu. Les cyniques étaient les carmes et les co^ deliers d'Athènes.
LOI
Je vous y prends. Diogène a donc aussi dansé la pantomime, si ce n'est devant Fériclès , du moins devant Laïs etPhrynë?
MOI
Vous VOUS trompez encore ; les autres achetaient bien cher la courtisane qui se livrait à lui
LDI.
Mais il me faut un bon lit, une bonne table,
,,-erihyGoogJe
un vêtement chaud en hiver y un vêtement frais en été , du repos , de l'argent et beaucoup d'autres choses , que je préfère de devoir à la' bienveillance f plutôt que de les acquérir par le travail.
MOI
Cest que vous êtes un fainéant, un gourmand»
un lâche , une ame de boue.
LDI.
Je crois vous l'avoir dit.
HOI
' Les choses de la vie ont un prix sans doute , mais vous ignorez celui du sacrifice que vous feites pour les obtenir. Vous dansez, vous avez dansé et vous continuerez de danser la vile pantomime.
LDI.
Il est vrai ; mais il m'en a peu coûté et il ne m'en coûtera plus rien pour cela ; et c'est par cette raison que je ferais mal de prendre une autre allure qui me peinerait et que je ne garderais pas ; mais je vois à ce que vous me dites- \\ que ma pauvre petite femme était une espèce de philosophe ; elle avait du courage comme un lion : quelquefois nous manquions de pain et nous étions sans le sou; nous avions vendu presque toutes nos uippep. Je m'étais jbté sur le [ùed de notre lit , là je me c^reusais à chercher quelqu'un quime prêtât un écu que je ne lui rendrais CffinvHtK iNÎDiTES. 10
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i46 hS. «EVED
pas. Elle j gaie comme un pk^m , se mettait à son claTecin ^ chantait et s'accompagnait ; c'était Hi gosier de rossignol , je regrette que rons me l'ayies pas entendne. Quand j'étais de qaeiquo concert je l'emmenais arec moi; chemin faisant, je lui disais :Alloos^ Madame, faites-TOUS admirer, déployex -votre talait et vo» charmes, enlevez,
renversez Nous antrions; elle dwntait^ elle
enlevait * elle renversait. Hélas ! je l'ai perdue, la pauvre petite ! Outre son talent , c'est qu'elle avait une bouche à recevur à peine le petit doigt , âts dents , une rangée de perles, des jeta , des ' pieds, une peau , des Jones, des jambes de cerf, des mains et des bras à modeler. Elle aiwaifc eo tôt eu tard le. fermier gâterai au meias. C'était une démarche, une croupe, ah! Dieu, quelle croupe !
( Fuis le voiUi qui se met à. eontrcÊiire fat démarche de sa femme. Il allait à petits pas, il poi» tait sa tête au vent,, il jouait de l'évcaotatl, il se démenait de la croupe;, c'était la dnrge de Mt petites coqnwttes la plus plaisante et la pins n> dicnle.)
( Fuis rejwenant la suite âa son discoton , il ajoutait : ) Je la promctiais partout, aux Tuileries, au Falais-Royaly aux Boulerards. Il était imqio»ûble qu'elle nie desacnràt. Qu)|nd elle tsavcrsait la rue,, le matin, en cheveux, et eo pét-ea-Vair, 'vans -«ous seriez arrêté peuzr ta voir,, et vans
Tannée ranbrasfcée ottre ^Oatve doigts sans lA ' serrei'^ Géu- qui la suivaient , ^ui la regardaient tTAtter Bfvoe ses ptJtits pieds ^ et qni hiesuraient cette large ÇFonpe dent les jnpoDS légers dessinaieaf la ferme > dtniblaientlepas; elle les laissait arriver, puis elle détouraait prestement sur eux ses deux grands yeux noirs et brillants qui les arrêtaient tout court ; c'est que. .... Mais , hélas I je l'ai perdue , et toutes mes espérances de fortimm se sont évanouies avec elle. Je ne l'avais prise qse' ptnir cela ^ je lui avais confié mes projets » et elle avait trop de sagacité pour n'en pas c<mcevoir la certitude , et trop de jugement pour ne
les pas approuver
(Et puis le voilà qui sangloté et qui pleure en disant:) Non, non, je ne m'en consolerai jamais. Depuis j'ai pris le rabat et la calotte.