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POUR DEUX SOEURS

Oi Clorls est charmante , Iris n*est pas moins belle. Entre ces deux objets mon cœur reste flottant. Ne m'en offrez qu'un seul , je vaîs être fidèle : Offrez-les moi tous deux , je vais être inconstant. .

VERS

Pour le portrait de M. le comte de Buffon.

JuÀ nature^ pour lui prodiguant sa richesse y Dans son génie et dans ses traits A mis la force et la noblesse ; En la peignant il peignit ses bienfaits.

i66 POÉSIES

VERS

A Mr*. la comtesse de B"^^,^ sur son jardin dA

>fif

J * A I parcouru ce jardin enchanté , Modeste en sa richesse » et simple en sa beauté. Qu'on vante ces jardins tristement magnifiques ^

Où Tart 9 de ses mains symétriques y Mutile avec le fer les tendres arbrisseaux , Où des berceaux pareils répondent aux berceaux , Où le sable jaunit les terres nivelées , Où Tennuyeux cordeau dirigea les allées , Où Toeil devine tout , et prompt à tout saisir

D'un seul regard dévore son plaisir ^ Mais que j'aime bien mieux l'énergique franchise Et la variété de ces libres jardins ,

Où le dédale des chemins M'égare doucement de surprise en surprise , Ces bouquets d'arbres verts négligemment épars» Et cet heureux désordre^ et ces savants hasards!

£a contemplant cette heureuse imposture »

Ces naïves beautés dont Plutus est jaloux, J*ai dit de vos jardins ce que Ton dit de vous : C'est Tart conduit par la nature.

"^Cet asile délicieux , Peuplé de bois, tapissé de prairies , Inspire» dites-vous y de doctes rêveries:

Mais celle qui Thabite inspice beaucoup mieux ; Et^ malgré les attraits de ces simples retraites , Ce n'est pas la beauté^ des lieux Qui fait rêver dans les lieax où vous êtes.

i68 POÉSIES

VERS

Adressés à Mv^ Lebrun , dans un moment où ï Auteur sentait sa vue fort affaiblie.

1^ u A N D de Milton , au bout de sa carrière » Les yeux furent privés de la douce lumière,

11 s'écriait : « O regrets superflus !

» C*en est donc fait ! je ne les verrai plus ^ » Ce beau soleil , ces fleurs , cette verdure y » Et pour moi la nature est voilée à jamais ! >\ Moi , je dis : « De Lebrun je ne vois plus les traits» » Ces traits que pour modèle eût choisis la Peinture : » De sa touche élégante et pure

» Je ne puis plus admirer les secrets :

» Adorable Lebrun ! ce sont là mes regrets ,

» Et c'est encore admirer la nature. »

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