ÂGÉE DE HUIT JOURS
JL o I dont j'ai vu couler les premiers pleurs
Et nattre le premier sourire } Je vais sur ton berceau répandre quelques fleurs*
Pour prix du zèle qui jn^inspire»
Que dans ces vers un jour papa t'apprenne à lire p
EtrC^est trop m'en récompenser. •
Je sais qu'en un âge aussi teudce
Tu.ne peux encor les comprendre 9 Mais moi j'ai du plaisir à te les adresser ; Même avant de sentir tusais intéresser.
Mes vers au moins n'ont rien dont je rougisse. Que d'autres , célébrant des mortels corrompus ,.
Encensent dans de vieux Crésus
La décrépitude du vice »
Je célèbre dans toi l'enfance des vertus.
FUGITÏTES. i63
Uenfance est si touchante! Eh! quelle âme si dure N'éprouve en sa faveur le plus tendre intérêt? Tous les êtres naissants ont un charme secret:
Telle ^st la loi de la tiature.
Ces ormeaUx orgudlleux y leur^verfe chevelure , M'intéressent bien moins que ces jeunes boutons
Dont je voispoindrela veinure 9
Ou que les tendres rejetons Qui dxm&A dû bocage être un jour la parure.
Le don*! éclat de cesdleii naissant ïlafteîbieti plu6 mes y eiix que ces flots de lumière ,
Qu'au plus haut point de sa carrière
¥erse son char éblouissant.
L'été, si fier de ses richesses.
L'automne , qui nous fait de si riches présents , Me plaisent moins que le printemps Qui ne nous fait que des promesses.
Ciel ! retranche aux jours nébuleux
3])e la lente vieillesse ^
i64 POESIES
Abrège les jottus orageuic De rimpétueuse jeunesse, Mais prolonge les jours heureux Et des ris innocents et des folâtres jeux !
Le yrai plaisir semUe fait pour cet âge :
^épanouissement d'un cœur encor nouveau ^
Du sentiment le doux apprentissage »
L'univers par degrés déployant son tableau^ Ce sang si pur qui coule dans les veines »
Des plaisirs vifs et de légères peines 9 L'esprit sans préjugés , le cœur sans passions. De l'avenir l'heureuse insouciance.
Pour tout palais des châteaux de cartons.
Et pour richesses des bonbons , Voilà le destin de l'enfance.
Ah ! la saison de l'innocence Est la plus belle des saisons !
FUGITIVES. i6S