‹ ŒuvresChapitre 20 sur 55 · LA ROSE ET L'ÉTOURNEAU · texte numérisé non relu

LA ROSE ET L'ÉTOURNEAU

Fable allégorique à madame la P. ^H. « sur ce que P auteur était le seul qui lui fut resté attaché après sa petite vérole.

JL^A I M A B LE fille du printemps 9

La Rose » à qui tout rend hommage 9

Yit au nombre de ses amante ^

Un Ëtourneau du voisinage ;

Sans regret il avait quitté

De ses frères la troupe errante.

Pour ranger son âme inconstant^

Sous Tenipire de la beauté.

Perché sur un buisson d^épine »

Où la Rose tenait sa cour^

Il ne cessait à sa voisine

De jurer un fidèle amour.

« Mille autres amants, lui dit-elle»

» Chaque jour m'en jurent autant ;

i8o POÉSIES

» Mais si je cessais d^étre belle 9

» Aucun d'eux ne serait constant.

» — Ah ! dit Toiseau i tous verriez naître

» En moi des feux: toujours nouveaux ;

» J'ose en prendre à témoin le maître

» Des Roses et des Etourneaux. yk

Le petit Dieu 9 dans sa volée, .

Entendit faire ce serment ;

Il retint son souffle un moment,.

Et la nature fut glacée.

La Rose en perdit ses appas ;

Son éclat, sa fraîcheur passèrent.

Zéphyrs, papillons délogèrent;

L'Étourneau ne délogea pas»

a Calmez , lui dit-il , vos alarmes ;

» Si mon cœur suffit à vos vœux,

» Il vous reste bien plus de charmes

M Qu'il n'en faut pour me rendre heureux^ >#

Sans faire une épreuve nouvelle,

L'Amour , étonné du succès,

A la (leur rendit ses attraits.

Et Toiseau seul fut aimé d'elle*

FUGITIVES. i8r

De la Rose facilement On devine la ressemblance ; C^est moi qui suis Toiseau constant.

Mais je n*ai pas sa récompense !

VERS

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