‹ ŒuvresChapitre 22 sur 55 · POUR LE PORTRAIT DE M. CARRON («), PRÊTRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

POUR LE PORTRAIT DE M. CARRON («), PRÊTRE FRANÇAIS

13 ES Français exilés seconde Providence 9 Dans leur secret asile il cherche les malheurs; Il soigne la vieillesse » il cultive Tenfance» Il instruit par sa vie » il prêche par ses mœurs ; Et , quand sa main ne peut secourir Tindigence 9 Il lui donne ses vœux » sa prière et ses pleurs*

(i) Extrait du Poème de la Piti&

Salut , 6 Sommerstown f abri dier K la France ! Lk y le malheur encor hétât la Pro^klence, lik , nos fien yétërantf retrouvent le repos p Et le hëros instruit les en&nts des h^ros ; Là , près d^nn Dieu sëvère «Sdate un Dieu propice^ Quel riche bienfaisant a fondé cet hospice?

A la voix de Carroirle luxe s^attendrit } Sa vertu les soutient , et son nom les nourrit : Par lui> pour Tindigcnt , la douce bienfaisanoB Trouve le superflu , m^me dans riadigenoe {

FUGITIVE& t&f

Et > parmi les bannb, ses {ncoses moiaioiii De Tavare opaknoe ont siirpuië les doni*

On sait que cet estimable ecclésiastique , forcé de s^éloigner du théâtre de la persécution , se réfiigia en Angleterre; mais on ignore peut-être que M. Garron avait à peine mis le pied sur cette terre étrangère, qu'il s'occupa de réunir autour de lui les en&nts des émi« grés et des catholiques résidants en Ân^eterre. Cet établissement ne liit que le premier essai de la philanlropie chrétienne de ce pieux fondateur. Bientôt il s'éleva, par ses soins, un asfle pour les pauvres de l'un et de l'autre sexe, des hospices pour les malades et les infirmes. On demandera sans doute comipent un pauvre prêtre, exilé de sa patrie , sans autre moyen que son zèle, sans autre resloiirce que h charité, a su procurer à Fenfonce, à llndigence, au^ maQieur, tant de secours, de si utiles consolations. Cest dans les derniers sacrifices que purent faire encore les émigrés, c'est daus fhumanîté des Anglais qu^ cet autre Vincent de Paul a trouvé les encouragements qui l'ont mis k portée de créer ces prodiges de bienfidsance qui ont étonné tous les voyageurs et confondu lesobscrva^* teurs les plus incrédules»

Lorsque le séhatus-consuhe, qui ouvrit les portes de la patrie à tant de Français que la terreur en avait éloignés, fut connu à Londres, on voulut engager le respectable Garron à retourner daus un diocèse ou il avait laissé des monuments de son active sollicitude. < Non , je n'abandonnerai pas , dit-il , ce que la Providence m'a aidé p à former, ce que la confiance me met en état de soutenir : cette M jeuness<; a besoin de mes soins , ces malheureux n'espèrent qu'en

» ma «ureinance. » Ainsi, ce hërosdc la AaiitéehiédeDne se sépara d'une patrie qu'ilregrette , pour se eonsacrer entièrement aux bonnes ceuvres qull chérit. On ne peut douter de ses sentiments français, lorsqu'on lit dans ses Pensées chrétiennes ces paroles toudiantes : « OFrance! ô mapatrieltoiqui m'as tant &it pleurer; toi qui, durant >» un long exil enduré pour la &i , n'es pas un seul jour^ un seul instant, » sortie de mon cœur et de ma mémoire; lieux sacrés ou reposent les » cendres de mes pères, de mes proches, de mes amis; doux sol de » ma naissance, où je n'ai vu, où je n'ai compté et ne compterai- » jamais que des frères, de seconds moi-même : à patrie! que je 9 suis loin de vouloir aigrir des plaies qui saignent encore! Dbpa- » raissent à jamais la discorde^ le ressentiment, la noire et cruefle » vengeance, toutes les passions haineuses, les plus cruels ennemis » de l'homme et de son bonheur! » Après cette profession du plus vrai patriotisme , on doit juger ce qu'il en coûte à M. Garron pour satisËurc à ce qu'il se devait à lui-même, à ce que des établissements qui pouvaient périr sans lui , semblaient exiger de son intarissable charité. M. Garron a publié plusieurs ouvrages où l'on remarque cette onction qui semble caractériser toutes les actions de sa vie. Ses Pensées chrétiennes pour tous les jours de l'année, contiennent tout ce que la morale évangéUque a de plus pur et de plus consolant. On y trouve partout le ton pathétique de Fénélon, réuni à la sublime doctrine des pères de l'église. Cet ouvrage, qui a eu un grand succès hors de France, a ensuite été réimprimé à Paris avec le même succès.

A M. DE BOUFFLER3,

rloi^i^iç.VR àes chevaliers, la fleiir des troubadours. Ornement du bçau njionde , et cMUces des cours , Tu veux donc, dans le sein de ton champêtre asile»

Vivre oqbliç? La chose est di{lG.cile »

I^QiV toi que le bon goût recherchera toujours.

En vain, dans un réduit a^este.

Le canipagnard nv>ndaij9 ^ le poète n^odestç^ L^aimable pçres^eux, veut être enseveli , Toujours pour toi coulera le Permesse , Et jamais le £(euve d*ouhli. .

Ces vers pleins de délicatesse^ .

Où ta Muse présente 9 au lectenr enchanté, lia grâce et la raison^ Pesprit et la bonté»

La bonbonne et la finesse,

L'âéganee, avec la justesse , La profondeur et la légèreté »

Souvent , avec un art extrême , Prête au bon sens Tacoent de la gatté^

Et se calomnie elle-mênie

l'ar.un air de frtvolitéi

ïgô POÉSIES

Ces titres heureux de ta gloire Seront toujours préietils à la ntémoîre..

Digne à la fois des palais et des champs f.

ïon Aline toujours àuta ces tfâlts tôfù6fïantt!t Qu'eue reçut de ta Muse facile,' Lorsque ton pinceau séductéûi^.

Toujours brillant , toujoiif â ffettHèr, * ' ' Gai comme ton esprit, et par cônlâiê Mû ôcMtr^ Entre le dais et la côddréttê , ' ntre le sceptte et là noùièWé*, Nous peint cet objet èdcliaiitéilt^ 4 Moitié princesse et moitié bergërett^.

Malgré toi tout Pans répétera tés chàntâj Et toujours tu jliwdMsyjAaiii8ton>i(^^

A là «iite(4i<»léidM cdiam^v Tontéfr l«b gi«k>«s ^ la irilie.

Puis, quand il sériât VMuL ^è^tes'imâesliei.loeux . Pussent s'acconu&odér 4e bM nutâipEijes liUx » Pourrais-tu bien, «tt fimd d'une boKKipafiie^ Enterrer TmiMMë tsottipogii» • A qui de te^ beâùic [oni^ M)M darons les dninûËurs? Si tu n'avais de tem, dotikiiiytiiënde Reçu pour dot qn'im immense trésor» .

FU»tTiVE?S. B^^

Jeted&>ais:3rAââQs.lsi)9pâtt^ ' : ■ Cacher les ]^%,^istimlximî^P^^» ' Et d'tm Uiste «fcbanl Féir€re^â}^ÂHii4Q i^ , Mftiê redprilyhi;beMté, sont Mti I^QHT k §^«4 jour» La ^iHe est laulr empira^ ej; U-ms^ |i«i^ €0111? : ; Le sage croatonr dii laonitei.

Au sein d^^ne aôné profiiàds ; 11 cacK^ !*<»-« etnôas inoMmLesilsprs»..

Si toutefois , éspuB >tbii jadmaor . aiittèra»

Las du 4aB(UÛfe M de 868 travers »

T» Yen^ 9 daiik^ le fond des déserts^

Cacher ton loisir 'solitaire ;.

Av«c %èB Igidùts aâuroaiULp^niiiets*4xoias de tr^iteri

I^enons un^vmps pournests quitter i

j^ttm^ j^O^ >ttt' c^ses de plaise;»

Et tes ivi^rs^d® fQuous eoichfiater.

Alors 9 puiscfu'il le Skut 9 «pis «^icple^ rang^

Tes frajl^in^aveauix. daj;is tes .c^llier^ ^

Tt^ lîl«d^ ^Itus dws jbes gir^aiar^ »,

Tes bte<k.i^ii. g«a:be dans ta grange ^ Dans tes cajveg^x tes choux roi^^f ou verts j;

Aiaîsffit^ «^importe ta viendang^e >

t^ POÉSIES

A moi qui m*eniTrâi du nectar de tes tcw»

Et quelquefois de ta louange?

Plus d*ua contrefacteur du vin le plus parfait ,

Des pressoirs de Pomard et dea cures du Rhône,

Des cr&s de J^arançon , de Tavel et de Beaune i^

Sait assez bien imiter le fumet ;

« Même d^un faux Aï la mousse mensonger^

En peUllant dans la fougère.

Trompe souTent plus d*un gourmi^tf i

Mais tes écrits ont un bouquet

Que nul art ne peut contcefiBÛrei

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