‹ ŒuvresChapitre 35 sur 55 · A M'»'. LA MARQUISE DE PYVANT · texte numérisé non relu

A M'»'. LA MARQUISE DE PYVANT

Sur des chaussons qu^elle avait faits pour M.DcLiLLE , pendant le séjour de Vauteur

à Brunswick.

Y o I L À donc de votre art l'heureux apprentissage ! Je crains en l'employant d'avilir vôtre ouvrage» Et le plus malheureux des malheureux humains I^'ose mettre à ses pieds lesœuvreis de vos zxuûxis*

^ , ï-ÙGiTIVES. 227

td la princesse Âugustâ de Brunswick.

JrH o s c R I T 9 errant > sans foyer, sans patrie » Cet enfant nouveau ne d\ine épouse chérie (i), Même en nous consolant ajoutait à nos maux; Mais des infortunés la généreuse amie Lui daigne ouvrir ses bras et son âme attendrie ;

Sous des auspices aussi beaux ^ Ah ! qu'il est doux d'arriver à la vie :

Tel ce bouton frais et vermeil^

Qui dans Thiver n'osait éqlore, JN'attendait pour ^'ouvrir qu'un rayon du soleil

Où qu'une larme de l'aurore* Heureux enfant, du céleste flambeau Apprends*nous donc enfin à bénir la lumière ; Mêle ton doux souris aux larmes de ta mèr^p

Et puisse , jusques au tombeau ,

raccompagner dans ta carrière.

Ce rayon de bonheur toml>é sur ton berceau.

( I ) La princesse avait ceuû sur les fonds de baptême l'eoÊint d'iu Erançais. qui lui adresiait ces yers»

2zS POÉSIES

, A M"", la princesse JABLoifowsKA.

Jdzlle Jablono^vska , de mon champêtre oorrage Daignez d'mi ^oux souris favoriser Thommage.

La campagne inspira mes chants ;

Là sont unis Tagréable et Futile ; Vos agréments sont faits pour enchanter la ville, Mais vos goûts purs vous ramènent aux champs.

Je ne puis vous offrir des sceptres » des couronnes »

Des temples fastueux^ de superbes colonnes; Jâsis les divinités , d*un regard complaisant » Daignent sourire au plus simple présent : ' Ainsi Ifi viye Amadryade»

Ou la nymphe des bois » ou la jeune Oréade,

Chez la, pieuse antiquité 9 Dans un temple entouré d^une pompeuse arcade,

Oud*upe riche colonnade , Par les grands et les rois voyait son nom fêté , Puis.rà^trdit dans son arbre, et sous son frais ômbrag Oubliant et son^ temple et lea fsiai$ du ciel p Se contentait de Thumble hommag«

F U b I T I V.E S. zz^

De quelque fleur ou d^un rayon de miel.

Peut-être un jour m^élançànt 6ul*vosl traces^

Dans mon essor audacieux:

Je chanterai vos vertus et ^o% grâces , L'antique sang de vos aieùx^ Cette noble fierté qui n'a rien de farouche »

Qu'aucun titre n'enbt^eillit ; Ces entretiens charmants dont là grâce nous touche , Et la bonté qui s'embellit En s'exprimant par votre bouche. v Alors de mon succès je ne douterai plus ; Votre nom , dil publie me vaudra le suffrage ; Avec plaisir 'mes vers seront reçus , Et le sujet consacrera l'ouvragci Avec bonté , dit-on , mes poëmes sont lus Par votre aimable et vertueuse fille ; Pour moi c'est un titre de plus :

L'indulgence chez vous est un goût dé famille;

Même l'on dit que ses heureux essais Daignent de mes tableaux copier quelques traits (i ) ;

(i ) La jeune fille de la princesse s'occupait alors à traduire ^ud- <[aes morceaux du poëme des Jardins^

23o POÉSIES

Si ses vera sont polis, doux,ëlégants,comiii6 elie,^ Alors gr^ceà sa maia noblement infidèle.it

Les miens ma sembleront par&its ; Alors 9 dans mes Jardins et plus yerts et plus, frais ^^ Pour couronner mon front )e choisis rimmortelle*. Pai^ ses Jardins , où plus d*uh connoisseur.

Goûta la grftce natureHe.

J)e la muse pleine d*appas Qui prit la mienne pour modèle^ *

Les yeux ne rencontreront pas Une fleur aussi fraîche, aussi charmante qu^elle.^ A polîr mes tableaux j*aî passé bien des ans; Mais la grâce n^est pas un^ ofivrage du temps ^ Son maintien élégant^ sa forme enchanteresse

Appartiennent à la jeunesse.

Souvent Tété flétrit les filles du printemps; Sur ce rosier que de ses pleurs arrose.

La jeune amante de Titon , Yoy ez ce tendre rejeton Montrer sa fleur nouvellement éclose^ Dé son modeste et timide bouton :

Du plus briUant émail sa robe se colore^

En célestes parfums son souffle s*évapore »

Du coloris le plus éblpuissanl;

Son teint yarié se compose , Le papillon léger lui-même s^y repose »

L'abeille y prend ses sucs , le zéphyr caressait D'un murmure flatteur la courtise eu passant»^ ,

Et le bouton fait ^yie à la rose :

Yoilà mon sort; mon vers ( c'est cette vieille tige)

Perd chaque j pur de son prestige ;

L'aimable fleur qui l'embellit ^

C'est le talent de votre fille „ Où la sagesse à l'agrément s'unit ; ^

Far lui mon vers se rajeunit »

Et de ce frais bouton où la jeunesse brifle,,

Le vieux rosier s'enorgueillit.

Pourlepo^traitdeW^. deBeauharbtois,.

Jta r ses écrits elle sait nous instruire ».

Far ses entretiens nous charmer ; Les coeurs s'empressent de Taimer , L'oreille de l'entendre, et les yeux de la lire^

A M. L'OILLART-iyAVRIONT.

Le poète immortel d* Achille et d^AtidrodiâqUé»

Jadis d*un ton harmonieux Chanta le prince errant de la petite iVhâqué;

Grâce à tes yers ingénieux L^Uly sse des Français nous attache encor mieui^* A travers les écueîlsy sûr les gouffres de Tonde, Nous demandons aux mers sa poùpe vagabonde;

Et, tremblants pour ses jours chéris.

Craignons , en la cherchant , dé trouver ses déoris* Ta Pénélope, hélas ! dans le royaume soinfife. Peut-être maintenant accompagne son onvDfé ; Uirapatient désir de retrouver Tépoux Qu*à ses embrassements ravit le sort jaloux. Lui fit voir sans terreur les voûtes infernales »

Et du Styx les ondes fatales ,

Qui, mieux que ses remparts* dé fer , Défendent en grondant la porte dé renfer.

AujourdUiuî, dans les bois des champs Élysiens, Dont les paisibles citoyens

FUGnPrTBS. 2j33

Bravent le triple cri des gueules de Cerbère , Le couple heureux entend les vers du grand Homère » Et se console en relisant les tiens.

AU MÉJVIE,

Eif rêffMsè S MT ssàond» htirev

'auguste Calliope, entre tous ses amants»

Pour emboucher rhérpique tron|petle.

Vous' a choisi dès vos plus jaunes ans ; Vos traits sont des éclairs ; et moi» pauvret, je jette

Par-Ci par-là quelque bluette :

La France applaudit à vos chants ; . Ma Muse n*est qu'une caillette :

Tous m'envoyez des diamants »

£t réclamez une paillette.

A M- DE BTOrtrrrtÊiâi

Jadis yt& ciaûoXê Yé jiàVdM Du bon Adam ; ']éj^èéélëirèKetéi

Tout semblé ré^ dàiis' Paùtre.

A M"". ET M"*. Vaii*lant de B&ule«

Or AND merci» beUe Caroline ,

Grand merci , charmante Claudine»

De ces riches tissus travaillés par tos mains {

Les rois mêmes en seraient vains.

Ces mailles » de Yulcain ingénieux ouvrage»

Qui 9 .sur Mars et Venus expiant son outrage » Dans le même filet les surprirent tous deux , Et de leur embarras amusèrent les dieux ;

Pallas , dont Taiguille savante Mariait les couleurs sur la toile vivante ; Arachné , que perdit un défi périlleux »

Et dont le changement funeste

De la tapissière céleste

Yengea le dépit orgueilleux ;

Enfin 9 tous ces arts merveilleux »

Jadis si vantés dans la Grèce »

Auraient cédé la palme à votre heureuse adresse. Plus clairvoyant je l'admirerais mieux ;

FUGITIVES. z^

iPrivé de la douce lumière »

De ringéiiieuse ouvrièpe A peine j'entrevois le travail précji eux ,/

Mais mon eœur eA jouit au défaut de mes jexxx^

pQur le portrait de M"^ Dileïte^ ^œur de M''% Delille.

OON regard peint la bienveillance ^ V S^n charme est la bonté , sa grâce est la décence ; De notre humble ménage elle fait les douceurs ;,

Par s^ts vertus nous rappelle sa mère , Met sa félicité dans celle de ses sœurs • Çt s'embellit des pleurs qu'elle donne à son père«

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