‹ ŒuvresChapitre 43 sur 55 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

dithyrambiques et les poètes lyriques , si ce n*est que lei premiers étaient plus hardis et plus élevés dans les idées et dans la diction. La muse du dithyrambe était^ en quelque sorte, une espèce de Pythonisse, ne parlant jamais que sur le trépied sacré. Il eût été contraire k la raison de la soumettre a des règles , comme les autres genres de poésie ; ainsi la poésie dithyrambique ne connut d'autre loi que celle de l'enthousiasme; on exigeait seulement que le poète présentât toujours des choses neures, inattendues y grandes et merveilleuses ; des mouvements rapides et variés y des images fréquentes et vives , des idées fortes et frappantes^ une diction animée , impétueuse^ bruyante, très métaphorique ; telles furent chez les Grecs les qualités essentielles et caractéristiques du dithyrambe.

Les Latins, qui imitèrent tous les genres df poésie inven» tés par les Grecs , cultivèrent pe;u la poésie dithyrambique ; le caractère grave des Romains ne leur permit pas de.se U« vrer aux images passionnées qui appartiennent e;$sentiellement au dithyrambe. On ne. voit de traces de pe genre de poésie chez les Latins> quedaos les vers galliambiques , espèce d'hymnes que chantaient les prêtres de Cybèle, lorsqu'ils entraient en fureur au nom de la déesse.

j Le dithyrambe a été presqu'entièrement perdu pour les nations modernes, dont le labgagÈ; se prête moins encore que celui des Latins a le sublimité de l'entbousia^tme poétique. Les Italiens seuls ent cUUivé avec succès ce genre de poésie^ Udeno-NisieUi^ Mariai et Chiabrcra .composèrent

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éaïis leur langue des ditfayiambes qui furent long-temps adnurés. Les Allemsoids et les Anglais n*ont point eu de poètes dithyrambiques. Quelques poètes français , a la renaissance des Ietti*eSy essayèrent d'introduire parmi nous la poésie dithyrambique; mais leur puéril asservissement k la méthode et a là nature des dithyrambes grecs ^ empêcha qu'on n'accueillit ces premiers essais.

Il nous reste dans ce gem^ei^i dit}iyr|EUBKbe du poète Baïf , qui vivait sous Henri II. Cette jdèce fut composée pour une fête célébrée en Thonneur de Jodelle^xpii venait dé donner sa tragédie de Cléopdtre. Comme la fête y dit FonteneUe, regardait Bacchus y dieu du théâtre^ on ne pouvait guèret fiure d'autres vers que des vers dithyrambiques. Voici quel^i ques fragments de ceux de Baïf :

Au dieu Bacchus sacron de cette fête.

Bachique brigade , Qu'en gaye gambade Le lierre on secoue.

Qui nous ceint la tête ; Qu'on joue y Qu'on tr^ignéy -

Qu'on fasse maint tour *

Alentour

Du boiie qui nous guigtie.

Se voyant environné

De notre essaim couronné

Du lierre ami des vineuses caroltes,

Façh, eyoe ^ yaeb /ia ^ ah ^ etc. » .

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