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LA MUSIQUE MILITAIRE

XjE luxe de musique quon étale aujourd'hui dans celle des régiments me paroît de mauvais ' goût. Je n'en trouve lefFet ni guerrier, ni grave, ni gai , ni sonore ; et toutes ces marches , plutôt barbouillées que travaillées, produisent toujours une mauvaise exécution , moins par la faute des musiciens que par celle de la musique.

Il y avpit une distinction à faire , et qu'on n'a pas faite , entre les musiques convenables à la troupe en parade et celles qui lui conviennent en marchant , et qui sont proprement des marches. On joue alors des airs qui , n'ayant aucun rapport à la batterie des tambours*, sont plus propres à troubler et interrompre la cadence du pas des soldats qu'à la soutenir.

Les autres symphonies sont faites pour tout le corps , et doivent plaire aux officiers : celles-ci sont plus faites pour les soldats, qu'il s'agit d'animer et de récréer en marchant, et qui aimeroient mieux des airs gais et bien cadencés qu'ils pussent retenir et y faire des chansons , que toutes ces musiques. de haut appareil qui ne les égaient point du tout, et auxquelles ils n'entendent rien.

4l4 SUR LA MUSIQUE MILITAIflÈ.

Je trouve encore quon a eu grand tortde supprimer les fifres , qui , perçant à travers les tambours , égaient beaucoup la marche. Il est vrai quilsëtoient détestables et multipliés trèsmalàpropos dans les troupes franÇoises : un seul eut suffi dans la colonelle de chaque régiment; et alors on eût pu, sans grands frais , en choisir ou former un bon , comme, j en ai entendu d'excellents dans les troupes étrangères.

Jai essayé de mettre mon idée en exemple dans

Je croquis ci*joint d une marché adaptée àla batterie des gardes françoises.

Cette idée est que, dans lalternation des tambours et de la musique, la cadence et h batterie ne soient point interrompues , et que le pas i^ soldat soit toujours également réglé. Elle eit encore de lui faire entendre des airs à'ùût mélodie si simple qu elle lamuse , Fégaie , et lexcite lui-même à chanter ; ce qui peut-être n est pas à négliger pour un état si plein dt fetigue et de misères.

J ai fait deux petits airs de la plus grande simplicité ; lun en mineur pour le fifre , l'autre en majeur pour la musique. Ces deux airs doivent se succéder alternativement , sans interruption de la mesure ; mais , pour laisser plus de repo3 aux musiciens et plus de temps aux tâtnbours, Tair du fifre sera répété aumoins deux fois de suite avant que la musique reprenne le sien, le fifre doit être seul parmi les tambours qui sont proche des instruments, et il doit y avoir panni

les instruments un seul tambour qui reprenne doucement la batterie sous la musique y de manière qu'il la guide et ne la couvre pas. Au moyen de ce tambour on ôteroit cette ferraille de cymbales qui fait un très mauvais effet.

Il seroit à désirer que les tambours fussent accordés sur la tonique 50/, et que celui de la musique fut accordé sur la dominante re. Alors lalternation de la batterie feroit un effet plus agréable, et la musique en sortiroit mieux. Pour le fifre , il doit nécessairement être d'accord avec les autres instruments.

L'auteur, de ces petits airs ne présume pas qu'une musique aussi simple puisse être goûtée, quoique sa passion pour cet art l'engage à les proposer : si néanmoins on en vouloit faire l'essai , il avertit que cet essai ne doit pas être fait en place comme celui d'une symphonie ordiriaire , mais en marchant , et dans la disposition qu'il vient de marquer. Ce n'est même qu'après une assez longue suite d'alternations qu'on peut juger si la marche est bien faite et produit bien son effet.

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