‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 101 sur 169 · ACTE IV, SGEiVE IV. iS · texte numérisé non relu

ACTE IV, SGEiVE IV. iS

Les dienx de ce dessein puissentrôls le distraire ! Mais peut-être il fera ce ^e tous n'oses faire.

NÉROH.

On répond de son cœur ; et je vaincrai le mien.

H ARCI 8SE.

Et l'hymen de Junie en est-il le lien ? Seigneur 9 lui faites-vous encor ce sacrifie;^ ?

irÉRON.

C'est prendre trop de soin. Quoi qu'il en soit, Narcisse , Je ne le compte plus parmi mes ennemis.

NARCISSE

A^grippine , seigneur , se l'était bien promis : Elle a repris sur vous sou souverain empire.

HÉRON

Quoi donc ? Qu'a-t-elle dit ? Et qne voules-vons dir e ?

irARCISSE.

Elle s'en est vantée asses publiquement.

HÉROH.

De quoi ?

NARCISSE

Qu'elle n'avait qu'à vous v^ir un moment ^ Qu'a tout ce grand éclat , à ce courrons funeste , On verrait succéder un silence modeste ; Que vous-même a la paix souseriiies le premier : Heureux que sa bonté daignilt tout oublier.

Maïs , Narcisse , dis-moi , que veux-tu que je fasse ?

Je n'ai que trop de pente à punir son audace ;

Et , si je m'en croyais , ce triomphe indiscret *

Serait bientôt suivi d'un étemel regret.

Mais de tout l'univers quel sera le langage ?

Sur les pas des tyrans veux- tu que je m'engage.

Et que Rome , eflfaçant tant de titres d'honneur ,

Me laisse pour tous noms celui d'empoisonneur ?

Ils mettront ma vengeance an rang des parricides.

ir ARC ISSE.

Et prenei'vous , seigneur , lenrs caprices pour guides? Aves-vous prétendu qu'ils se tairaient toujours ? Est-ce a vous de prêter l'oreille a leurs discours i De vos propres désirs perdrea-vons la mémoire i Et seres-vuus le seul que vous n'oseres croire i Mais , seigneur , les Romains ne vous sont pas connus ; Non, non : dans leurs discours ils sont plus retenns. Tant de précaution affaiblit votre règne :

Us croiront j en effet , mériter qu'on les craigne. Au joug , depuis long'tems , ils se sont façonnés ; Us adorent la main qui les tient enchaînés.

Vous les verrex toujours ardens li vous complaire : Leur prompte servitude a fatigué Tibère.

Moi-même , revêtu d'un pouvoir emprunté Que je reçus de Claude avec la liberté , J'ai cent fois , dans le cours de ma gloire passée , Tenté leur patience , et ne l'ai point lassée. D*un empoisonnement vous craignes la noirceur ?

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