‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 110 sur 169 · ACTE T, SCENE TI. i-yj · texte numérisé non relu

ACTE T, SCENE TI. i-yj

£t si l'on Tent , madame , écouter vos discoun-y Ma main de Claude même aura tranché les jours. Son fils TOUS était cher, sa mort peut vous confondre : Mais des coups dn destin je ne puis pas répondre.

AGBTPPIlfE.

Non , non ; Britannicns est mort empoisonné : Narcisse a fait le coup ; vous l'avea ordonne..

Madame !... Mais qui peut vous tenir ce langage ?

ir ARCISSE.

Hé seigneur ! ce soupçon vous fait-il tant d'outrage ?

Britannicn», madame, eut desdessems secrets

Qui vous aiu-aient coûté de plus justes regrets :

Il aspirait plus loin qu'a l'hymen de Junie ;

De vos pvopres bontés il vous «irait-poniei

H vous trompait vousrméme , et son cosur offensé

Prétendait tôt ou tard rappeler le passé.

Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie ;

Soit qu'instruit. des complots qui menaçaient.sa vîe

Sur ma fidélité César s'en soit remis,

Laisses les pleurs, madame , a vos seuU ennemis ;

Qu'ils mettent ce malheur an rang des plus sinistres :

Mais vous...

AGRIPPIlfE.

Poursuis , Néron ; avec de tels ministres , Par des faits glorieux tu te vas signaler; Poursuis.. Tu n'as pas fait ce pas pour reculer r.

sdbyGoQ^Ie

178 BRITANIVICUS.

Ta maia a commencé par le sang de ton ùhre ;

Je prévois que tes coups viendront jusqu'à ta m^e z

Dans le fond de ton cœur je sais que tu me bais ;

Tu Toudras t'affranchir du joug de mtB bienfaits.

Mais je rem que ma mort te soit même inutile :

Ne crois pas qu'en mourant je te laisse tranquille ;

Rome , ce ciel , ce jour que tu reçus de moi ,

Par-0ut, à tout moment, m'offriront devant toi.

Tes remords te suivront comme autant de furies :

Tu croiras les calmer par d'autres barbaries ;

Ta fureui*, s'irritantsoiHoaéme dans son cours,

D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours.

Mais j'espère qu'enfin le ciel , las de tes crimes y

Ajoutera ta perte à tant d'autres victimes ;

Qu'après t'étre couvert de leur sang et da nûen

Tu te verras forcé de répandre le tien ;

Et ton nom pan^tra , dans la race future , '

Aux plus cruels ^rans nne cruelle injure.^

Voila ce que mon cœur^se présage de toi.

Adieu : ta peux sortir.

irÉROir.

PfarciMe, saivea-moî.

Page 1