ACTE V, SCENE VIII. iSi
M Rome , dans ton palais , vient de voir immoler
M Le seul de tes neveux qui te pût ressembler.
1» On vent après sa mort que je lui sois parjure.
M Mais pour lui conserver une foi toujours pure ,
n Prince, je me dévoue k ces dieux immortels
» Dont ta vertu t'a fait partager les autels. »
lie peuple cependant, que ce spectacle étonne,
Yole de toutes parts , se presse , l'environne ,
S'attendrit a ses pleurs , et , plaignant son ennui ,
D'une commune voix la prend sons son appui. f
Ils la mènent au temple, où depuis tant d'années
Au culte des autels nos vierges destinéet
Cardent fidèlement le dépôt précieux
Du feu toujours ardent qui brûle p«ur nos dieux.
César les voit partir sans oser les distraire.
Narcisse , plus hardi , s'empresse pour lui plaire ;
Il vole vers Junie , et, sans s'épouvanter ,
D'une profane main commence k l'arrêter.
De mille coups mortels son audace est punie ;
Son infidèle sang rejaillit sur Junie.
César , de tant d'objets en méme-tems frappé ,
Le laisse entre les mains qui l'ont enveloppé.
Il rentre. Chacun fuit son silence farouche :
Le seul nom de Junie échappe de ^ boucbfe.
Il marche sans dessein : ses yeux mal assinrés
N'osent lever au ciel leurs regards égarés :
Et l'on craint , si la nuit jointe k la solitude
i8ft BRITANISItîUS.
Vient de son «léaespoir aigrir l'inquiétude ,
Si TOUS l'abandonnes plus long-tems sans secours ,
Que sa douleur bientôt n'attente sur ses jours.
Le tenus presse , coures. Il ne £aut qu'un caprice ;
Use perdrait, madame.
AGRIPPINE
Il se ferait justice* Mais,Bttrrhns,allons voir jusqu'où vont ses transports: Voyons quel cluqy^ement produiront ses remords ; S'il Tondra désormais suiTre d'antres maximes.
Plût aox dieux que ce fut le dernier de ses crimes I
Fllf.